Au Panthéon, Emmanuel Macron célèbre la République

Emmanuel Macron a fêté vendredi 4 septembre les 150 ans de la République. Retour sur un discours plus politique qu’il n’en a l’air.

Emmanuel Macron a fêté vendredi 4 septembre les 150 ans de la République. Retour sur un discours plus politique qu’il n’en a l’air.

C’est le 4 septembre 1870 que la IIIe République a été proclamée sur les ruines d’un Second Empire traumatisé par la défaite militaire de Sedan face aux Prussiens. Un siècle et demi plus tard, la République est toujours là, mais plusieurs de ses fondements sont menacés par certains.

Unis dans la diversité et l’égalité

L’universalisme républicain est battu en brèche par une partie de la gauche qui prône une organisation sociale plus communautariste, dans laquelle l’origine prendrait le pas sur la construction d’une identité nationale. Bien que minoritaire, cette forme de pensée structure de plus en plus les programmes de certains partis politiques tels que LFI ou EELV. Ce qui laisse pantois une partie des électeurs de gauche qui ne se reconnaissent pas dans ce revirement. C’est en partie à eux qu’Emmanuel Macron s’est adressé en montrant que la diversité est soluble dans la République et la rend plus grande, plus forte. Il a notamment cité l’Afro-Américaine Joséphine Baker qui "aimait sa patrie d’adoption au point de risquer sa vie pour elle en entrant en résistance" ou encore Félix Eboué, "descendant d’esclaves qui répondit dès le 18 juin à l’appel du général de Gaulle" et devint gouverneur de l’Afrique équatoriale française.

Dans la lignée de son discours du 14 juin, Emmanuel Macron a également confirmé que la République ne déboulonnera jamais ses statues. Pour lui, "La République commence (…) bien avant la République elle-même car ses valeurs sont enracinées dans notre histoire (…). Aimer nos paysages, notre histoire, notre culture, c’est un bloc (…). On ne choisit jamais une part de France, on choisit la France."

"On ne choisit jamais une part de France, on choisit la France"

Emmanuel Macron a également profité de son discours pour évoquer une valeur centrale de la République, l’égalité. "Être français, c’est reconnaître en chaque femme, en chaque homme, une même dignité. Être français c’est aimer la justice. Chaque citoyen quel que soit le lieu où il vit, le milieu d’où il vient, doit pouvoir construire sa vie par son travail et son mérite", a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que "nous sommes encore loin de cet idéal".

Lutter contre le séparatisme

La prétendue naïveté face à la délinquance et la montée en puissance de velléités séparatistes dans une partie de la communauté musulmane est souvent reprochée à l’exécutif par la majorité des électeurs de droite que le président doit séduire en vue de la présidentielle de 2022. Désormais les choses sont claires : l’heure est à la tolérance zéro dans le ton et dans les actes. Le président de la République a confirmé qu’un "projet de loi de lutte contre les séparatismes sera présenté dès cet automne". Un bon moyen, selon lui, d’affirmer qu’il "n’y aura jamais de place en France pour ceux qui, souvent au nom d’un dieu, entendent imposer la loi d’un groupe (…). La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste." Emmanuel Macron a également profité de son discours pour insister sur l’importance des "liens du respect et de la civilité". L’occasion pour lui de déclarer officiellement que "les policiers, les gendarmes, les magistrats, les maires, toutes celles et ceux qui luttent contre la violence, le racisme et l’antisémitisme, jouent un rôle déterminant et, par symétrie, ceux qui s’en prennent à eux doivent être lourdement condamnés".

Défense du droit au blasphème

Alors que le procès de l’attentat contre Charlie Hebdo a commencé, Emmanuel Macron a rappelé son attachement et celui de l’État aux principes de liberté de conscience et de droit au blasphème : "La liberté dans notre République est un bloc. C’est la liberté de conscience et en particulier la laïcité, ce régime unique au monde qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire. Mais qui n’est pas séparable d’une liberté d’expression allant jusqu’au droit au blasphème."

Lucas Jakubowicz

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