Assurances et crise sanitaire en Afrique

La situation sanitaire amène particuliers et entreprises à s'interroger  sur les solutions apportées par le secteur des assurances. Face à l’ampleur de la crise, Ascoma apporte des réponses concrètes aux spécificités du continent africain.

La situation sanitaire amène particuliers et entreprises à s'interroger sur les solutions apportées par le secteur des assurances. Face à l’ampleur de la crise, Ascoma apporte des réponses concrètes aux spécificités du continent africain.

À l’heure où nous écrivons cet article [ndlr fin avril 2020], l’Afrique, jusque-là relativement épargnée par l’épidémie de Covid-19, voit le nombre de contaminés fortement augmenter, sans pour autant atteindre des niveaux comparables à ceux de l’Europe. L’avenir est redouté au vu des systèmes de santé défaillants dans la plupart des pays, mais aussi de la difficulté à confiner des populations qui n’ont parfois d’autre choix que sortir pour « gagner leur pain » dans le sens premier du terme.

Le monde de l’assurance, comme tout autre secteur, sera bien incapable d’annoncer quelles seront les conséquences directes sur les plans sanitaires et économiques. En revanche, nous pouvons apporter notre expertise sur des événements passés similaires en Afrique et sur la manière dont ils ont été traités par les assureurs. C’est cette connaissance qui nous permet de répondre ici, de manière générale, à ceux qui sont impactés par une crise sanitaire telle que la Covid-19.

La santé avant tout

Certains pays africains ont déjà commencé à travailler à la création (ou à l’élargissement) de régimes d’assurance santé. Hélas, ce n’est pas la majorité, et cela, corrélé au manque d’infrastructures de santé, pourrait être un facteur aggravant à la crise sanitaire engendrée par la Covid-19.

La division Santé du groupe Ascoma est particulièrement sensible à ces problématiques. Spécialisée dans la gestion de frais de santé pour les entreprises qui œuvrent en Afrique subsaharienne (assurance, auto-assurance, mutuelles, etc.), elle fournit un service unique fondé sur l’accès aux soins grâce à un réseau de santé étendu (3500 centres de soin), qui propose notamment le tiers-payant et le contrôle des consommations (70 médecins-conseils).

Face à la crise sanitaire que traverse le monde et qui s’apprête à frapper l’Afrique, chaque cas est particulier et chaque pays a un cadre légal en matière d’assurance différent, que maîtrisent parfaitement les équipes d’Ascoma localement. Néanmoins, ce que l’on peut dire de manière générale, c’est que les garanties de la Police Maladie couvrent normalement les frais de traitement de toutes les infections. Les pandémies telles que le coronavirus ne sont pas exclues de façon explicite dans les contrats d’assurance santé. Seuls les tests de dépistage au coronavirus ne sont pas couverts. Dans ce cas, le dépistage comme le traitement seraient orientés vers des hôpitaux dédiés, les frais étant alors normalement exclusivement pris en charge par les autorités. Les contrats d’assurance santé devraient donc prendre en charge les assurés infectés par la Covid-19, à hauteur des garanties souscrites, dans les mêmes conditions que la grippe saisonnière (consultation de médecins, frais d’hospitalisation, dépenses de médi-caments, frais liés aux analyses), mais la position des assureurs dans chaque pays n’a pas encore été officialisée à ce jour. 

" Certains pays africains ont déjà commencé à travailler à la création ou à l’élargissement de régimes d’assurance santé "

La Perte d’Exploitation

Parallèlement au domaine de la santé, il est impossible de négliger tout ce qui relève de l’économique pur. Comme dit plus haut, il en va également de la survie de l’activité d’une entreprise, et par conséquent des hommes qui en dépendent.

Traditionnellement, les pertes d’exploitation consécutives à un événement sont garanties dans les contrats couvrant les entreprises. Or, la Covid-19, comme toute épidémie, n’est pas un événement garanti dans les contrats ; son impact sur les activités et sur le chiffre d’affaires n’est donc pas couvert par les assureurs.

Tout d’abord, parce que le secteur de l’assurance repose sur les principes de mutualisation et d’aléa, tous deux impossibles à intégrer dans le caractère global que revêt une pandémie.

Ensuite, parce qu’un produit d’assurance se déclenche par la survenue d’un dommage. Or, l’arrêt (même provisoire) ou le ralentissement d’une activité, causés par exemple par un confinement, ne sont pas des dommages au sens du droit de l’assurance.

Face à ces nouveaux risques, et ce, bien avant la crise sanitaire engendrée par la Covid-19, Ascoma a recherché pour ses clients des solutions innovantes auprès des assureurs internationaux spécialisés. Il est désormais possible, pour une entreprise ayant subi une perte d’exploitation sans dommage, d’être indemnisée à condition d’avoir souscrit une garantie spécifique mentionnant cette notion. C’est ce que nous avons mis en place en République démocratique du Congo en 2019 lors de la crise sanitaire liée au virus Ebola.

Sur un autre terrain comme celui de la violence politique, c’est également ce que nous pouvons mettre en place lorsqu’un événement ou une décision d’ordre national génère des pertes économiques, financières ou commerciales (indirectes) pour une entreprise ou un secteur. L’hôtellerie, un secteur qu’Ascoma connaît bien, est à ce sujet une bonne illustration. Un groupe hôtelier qui subit une baisse de fréquentation dans ses hôtels en raison, par exemple, d’un attentat qui se serait commis dans la ville où sont implantés ses établissements, peut prétendre à une indemnisation au titre d’une perte d’exploitation sans dommage.

La question des chantiers en cours

L’Afrique a, plus que n’importe quel autre continent, besoin de réduire son gap infrastructurel. Une pandémie telle que la Covid-19 risque de ralentir considérablement l’avancée de chantiers, pour certains répondant à des besoins impérieux pour les populations.

Il appartient bien sûr à chaque État de poser ses propres conditions face au cas de force majeure (suspension des pénalités en cas de retard, indemnisations, etc.). Néanmoins, les assureurs ont leur rôle à jouer, aux côtés des États, pour limiter l’impact financier d’une telle crise sur l’activité de leurs clients. Il est par exemple possible d’obtenir une prolongation, un aménagement ou encore un étalement des garanties. C’est le métier de courtier que nous exerçons qui nous permet de solliciter les assureurs, afin d’aider nos clients à réduire au mieux leur budget en temps de crise.

Laurent Gizardin, directeur du développement international chez Ascoma

Céline Prat, consultante chez Ascoma 

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