Artcurial collectionne les succès

La célèbre maison du rond-point des Champs-Élysées a fêté ses 15 ans l’année dernière. La publication de ses résultats pour le premier semestre est l’occasion de revenir sur les événements marquants d’une courte histoire, mais bien remplie, qui l’a vue devenir un acteur incontournable du petit monde du marché de l’art.

La célèbre maison du rond-point des Champs-Élysées a fêté ses 15 ans l’année dernière. La publication de ses résultats pour le premier semestre est l’occasion de revenir sur les événements marquants d’une courte histoire, mais bien remplie, qui l’a vue devenir un acteur incontournable du petit monde du marché de l’art.

Visionnaire. Voici certainement, s’il n’en fallait qu’un, le qualificatif qui siérait le mieux à Nicolas Orlowski. Comment expliquer autrement l’insolente réussite d’une maison de ventes qu’il a créée il y a 16 ans à peine ? Car, lorsque L’Oréal met en vente, en 2002, ce qui n’était alors qu’une galerie d’édition et une libraire, difficile d’imaginer qu’elle puisse entrer dans le trio de tête du marché de l’art français aux côtés des historiques Sotheby’s et Christie’s. Porté par la libéralisation du marché, après la suppression du monopole des commissaires-priseurs, Nicolas Orlowski voit, dans la création de cette nouvelle maison de vente aux enchères, le seul projet entrepreneurial viable et se lance. Il parvient à fédérer autour de ce projet la famille Dassault et des commissaires de talent. L’objectif alors affiché est clair : créer une structure pluridisciplinaire sur le modèle anglo-saxon, tout en conservant un « esprit maison » incarné par un espace d’exposition, une librairie d’art de référence et un restaurant.

 

Offre globalisée

La recette fonctionne. Non seulement la maison parisienne publie des résultats toujours plus impressionnants – en une décennie, Artcurial a quasiment décuplé ses recettes, flirtant aujourd’hui avec les 200 millions d’euros –, mais elle s’est imposée dans certains domaines artistiques, à l’image de la bande dessinée, de l’Art déco, de la mode et, bien sûr, des automobiles de collection. L’année 2018 ne fait pas exception. Avec une progression à deux chiffres de son volume de vente, au premier semestre, pour atteindre 118 M€, vingt-neuf nouveaux records établis aux enchères et vingt péremptions ou acquisitions par des institutions muséales, l’avenir se dessine sereinement. Mais pas question de se reposer sur ses lauriers. Le chemin est encore long avant d’atteindre les 500 M€ de résultats, objectif à terme affiché par le P-DG. Un premier pas est franchi à la fin de l’année 2017 avec l’acquisition, entièrement sur fonds propres et sans endettement, du groupe John Taylor. En faisant tomber ce prestigieux spécialiste de l’immobilier de luxe présent dans une quinzaine de pays dans son escarcelle, Artcurial double de taille et ajoute une corde à son arc, complétant ses activités de ventes aux enchères d’œuvres et d’objets d’art, et de chevaux de course. Une belle opération donnant naissance « à un leader européen dans l’intermédiation de biens d’exception », se réjouit Nicolas Orlowski.

Objectif monde

Au-delà de cette belle prise, la maison de ventes mise sur l’international pour se développer. La stratégie n’est pas nouvelle. Elle a commencé, en 2012, avec l’ouverture de deux bureaux de représentation à Bruxelles et Milan. Le rythme, depuis, s’est maintenu avec des implantations à Vienne, Munich, Tel Aviv et Monaco et des ventes organisées à l’étranger (Marrakech ou Hong Kong notamment). Un impératif logique, alors que le marché de l’art n’a jamais été aussi mondial et que la clientèle internationale représentait 75 % des acquéreurs des lots d’un montant supérieur à 50 000 euros chez Artcurial en 2017. Pas de doute, la plus française des maisons de ventes aux enchères et sa French touch ont séduit les acheteurs du monde entier.

Les prochaines enchères

 

Camille Prigent et Sybille Vié

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