Antoine Mahé (Artcurial) : « Les voitures de collection constituent un investissement sûr »

Après des années de croissance exponentielle, la cote des automobiles de collection marque légèrement le pas. Pour Antoine Mahé, spécialiste chez Artcurial Motorcars, il s’agit là plutôt d’une bonne nouvelle. Le professionnel du marché prodigue ses conseils pour que plaisir de la collection se conjugue avec stratégie patrimoniale.

Après des années de croissance exponentielle, la cote des automobiles de collection marque légèrement le pas. Pour Antoine Mahé, spécialiste chez Artcurial Motorcars, il s’agit là plutôt d’une bonne nouvelle. Le professionnel du marché prodigue ses conseils pour que plaisir de la collection se conjugue avec stratégie patrimoniale.

Décideurs. Le marché des automobiles de collection a explosé ces dernières années. Est-ce un placement sûr ? 

Antoine Mahé. Effectivement, le marché des voitures de collection a explosé au cours de la dernière décennie. Entre 2011 et 2016, le modèle moyen a vu son prix augmenter de près de 160 %. Certains modèles ont même enregistré une hausse de 450 % sur 10 ans ! Les automobiles de collection incarnent donc une exceptionnelle alternative aux actifs financiers dont les rendements étaient bien plus faibles au cours des dix dernières années. Ils constituent un investissement sûr. Le récent ralentissement du marché qui s’est traduit par un léger recul des prix est un élément rassurant : le marché se stabilise et se rationalise. Il va continuer à se développer, notamment grâce aux pays émergeants dans lesquels les acheteurs préfèrent acquérir des modèles neufs et où le vintage n’est pas encore à la mode. Cette situation est temporaire : leurs habitants deviendront des collectionneurs de demain.

 

Dans quels types de voiture investir pour espérer réaliser une plus-value ?

L’espoir d’une plus-value ne doit pas être la motivation première d’un achat, au risque de se trouver confronté à de belles désillusions. C’est avant tout l’envie, le plaisir, le goût qui doivent guider l’acquisition. L’acheteur doit donc se tourner vers les marques et les modèles qui lui plaisent avant tout. Ensuite, même si le marché n’est pas une science exacte, il existe une multitude de critères à prendre en compte pour faire son choix parmi lesquels la rareté d’un modèle, son caractère sportif, son état ou sa provenance. Le faible kilométrage est aussi un atout. Une Mercedes 300 SL Roadster de 1963 qui n’affichait que 1 372 km au compteur s’est envolée à 3 millions d’euros, un prix deux fois plus élevé que son estimation, lors de la vente aux enchères Le Mans Classic en juillet dernier. D’une manière générale, toutes les caractéristiques hors du commun d’une voiture sont des éléments à prendre en considération. Outre le plaisir, il n’y a qu’une règle pour réaliser un bon investissement : se faire conseiller.

« En cinq ans, le modèle moyen a vu son prix augmenter de près de 160 % »

À qui s’adresser pour obtenir ces conseils ?

Il est crucial de consulter des experts en automobiles de collection qui disposent d’une vision globale du marché et connaissent ses spécificités. À défaut, l’expérience peut vite tourner au cauchemar. Les maisons de vente aux enchères peuvent bien sûr remplir ce rôle. Tous ces professionnels peuvent aiguiller l’acheteur, le conseiller au regard de la collection qu’il a éventuellement déjà constituée et répondre à ses besoins particuliers.

 

Les voitures de collection constituent-elles un investissement particulièrement cher ?

Forcément, posséder une voiture de collection requiert des dépenses annexes. Elle doit notamment être assurée. Il existe des compagnies d’assurance spécialisées avec une offre tarifaire adaptée selon le service dont le propriétaire a besoin. Le coût est donc relatif en fonction du modèle et de l’usage que l’on en fait. Ensuite, les frais d’entretien ne doivent pas être négligés d’autant plus qu’une automobile de collection ne doit pas demeurer sans bouger, au risque de s’abimer davantage qu’en roulant. Une fois encore, le montant de ces frais de maintien en état varie de quelques centaines d’euros par an pour une 2 CV à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des modèles exceptionnels. Enfin, des frais de gardiennage ou d’alarme peuvent s’avérer nécessaires.

Comment expliquer que ce soient les young timers qui occupent le devant de la scène ? Est-ce un phénomène générationnel, une mode ?

La production automobile des années 1980 et 1990 attire de plus en plus. Le regard sur ces voitures change après des années de mesures d’incitation à la casse. La demande pour ces modèles explose logiquement puisque les natifs des années 1970 veulent s’offrir la voiture de leur enfance et ont les moyens financiers de le faire. Ce n’est pas un effet de mode mais un phénomène générationnel : dans vingt ans, on collectionnera probablement les voitures des années 2000.

Propos recueillis par Sybille Vié

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