Antoine Delabrière (Fénéon Delabrière) : « De nouveaux opérateurs sont actifs dans l’énergie, l’agricole et les transports »

Connu pour être un acteur de la première heure dans la rédaction et la mise en application du droit Ohada, le cabinet Fénéon Delabrière Avocat (FDA) est aujourd’hui un acteur important sur le continent. Antoine Delabrière nous détaille ici le mode opératoire de la practice Afrique du cabinet.

Connu pour être un acteur de la première heure dans la rédaction et la mise en application du droit Ohada, le cabinet Fénéon Delabrière Avocat (FDA) est aujourd’hui un acteur important sur le continent. Antoine Delabrière nous détaille ici le mode opératoire de la practice Afrique du cabinet.

DÉCIDEURS. Quelle est la stratégie du cabinet en Afrique?

Antoine Delabrière. FDA Avocat a historiquement une activité contentieuse mais intervient aussi sur des missions de conseil. Nous avons par exemple récemment accompagné une société française de référence dans le secteur de l’irrigation agricole et nous travaillons actuellement comme consultant RH dans le cadre d’un dossier de privatisation du secteur de l’énergie.

Les entreprises de taille intermédiaire constituent le cœur de notre clientèle et nous intervenons aussi pour des clients grands comptes en contentieux. Notre objectif est d’atteindre une véritable harmonie entre nos activités de contentieux et celles de conseil et d’offrir à nos clients une prestation sur mesure, ce qui implique une organisation interne adaptée et de systématiquement travailler en binôme afin que nos clients aient toujours un interlocuteur présent. Nos correspondants locaux constituent un vrai complé- ment de notre travail à Paris et nos clients s’adressent à eux avec la même relation de confiance.

Le cabinet dispose d’une expérience historique dans le secteur des infrastructures. Sur quel type de dossier intervient-il?

En tant que spécialiste du droit de la construction, nos missions de conseil sont diverses et consistent, entre autres, en la revue de réponses à appels d’offres, la revue de cahiers des charges et à guider nos clients dans des phases de règlements précontentieux. Il peut s’agir de projets de construction de routes, d’équipements liés au câble, de constructions à vocation énergétique ainsi que de projets hôteliers et touristiques. Nous intervenons, en contentieux, principalement en recouvrement de créances ainsi qu’en droit social dans la gestion des fins de chantiers et notamment des contentieux sociaux de masse.

Quelle sera, selon vous, la place de l’entrepreneuriat dans les années à venir?

Nous prenons en charge de plus en plus de consultations pour accompagner la mise en place de projets d’entrepreneurs locaux qui souhaitent transposer en Afrique ce qui marche ailleurs. Il ne s’agit pas d’une demande nouvelle, mais elle est plus fréquente et concomitante au développement de la classe moyenne africaine. L’entrepreneuriat africain suit deux directions: il crée une activité nouvelle ou donne une nouvelle dimension à une activité qui existe déjà de manière éparse et la structure. Par l’entrepreneuriat, de nombreuses activités passeront du secteur informel au secteur formel.

Comment voyez-vous les récentes évolutions du continent africain, notamment le saut technologique qu’il a récemment connu?

Si le cas de la téléphonie mobile est le plus emblématique, le saut technologique se duplique dans d’autres secteurs. À titre d’exemple, nous sommes récemment intervenus dans le cadre d’un projet de mise en place d’un stationnement urbain intelligent en Afrique de l’Ouest, avec des appareils connectés qui, à terme, peuvent devenir des bornes internet ou offrir des services complémentaires. Nous avons aussi accompagné un client dans le développement d’un projet de télémédecine. Dans la plupart des projets, les équipements sont technologiquement plus développés que ceux de Paris ou de New York.

Quels conseils donneriez-vous à un investisseur souhaitant s’installer en Afrique?

Il doit être suffisamment préparé avec une étude de marché sérieuse et adopter une posture optimiste et humble. Il doit croire en son projet mais ne doit pas arriver sur le continent en conquérant. Il est aussi primordial d’avoir un footprint par le biais d’un correspondant local. Si le marché africain est une belle opportunité, il comprend aussi des risques. C’est pourquoi nous demandons toujours à nos clients, avant de commencer tout projet, quelle somme ils sont prêts à perdre.

Quel regard portez-vous sur l’intensification des relations entre l’Afrique et le Moyen-Orient?

L’intérêt que le Moyen-Orient – particulièrement les Émirats – porte au continent ressemble à celui que la Chine lui a porté il y a quelques années. Ces acteurs disposent d’une forte capacité financière, attirant l’attention des opérateurs locaux et de la puissance publique. Les sociétés émiraties sont très actives dans les secteurs agricole, de l’énergie et des transports. Elles ont la volonté d’aller vite mais peuvent parfois se retirer de certains projets lorsque des résultats significatifs ont été obtenus sur d’autres. C’est le cas d’un dossier qui fait actuellement l’objet d’un contentieux. De manière plus récente, les opérateurs turcs – que nous accompagnons dans le secteur agricole – suivent les pas de la Chine et des Émirats.

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