Antisémites, racistes, violents, complotistes : ces étranges candidats RN

De nombreux militants investis par le parti de Marine Le Pen se révèlent anti-républicains et asociaux. Une catastrophe pour le RN qui veut faire croire qu’il peut gouverner une région ou la France. Derrière le vernis, l’immonde est toujours là.

De nombreux militants investis par le parti de Marine Le Pen se révèlent anti-républicains et asociaux. Une catastrophe pour le RN qui veut faire croire qu’il peut gouverner une région ou la France. Derrière le vernis, l’immonde est toujours là.

Depuis la mise en place de sa stratégie de dédiabolisation en 2011, Marine Le Pen a une crainte : découvrir à quelques semaines des élections, un candidat au profil problématique. En théorie, le risque est minime. Après tout, les responsables de la commission d’investiture sont censés passer au peigne fin les CV des aspirants. Il faut croire que les personnes en charge de cette tâche manquent de flair…

Des candidats rances

Le cru 2021 est en effet "gratiné", comme le révèle Le Monde. L’antisémitisme semble toujours bien ancré dans l’extrême droite française. La preuve avec Marta Le Nair, candidate à Bordeaux et en 33ème position sur la liste d’Edwige Diaz en Nouvelle-Aquitaine. Une femme qui trouve très drôle de partager sur Facebook la blague suivante : "Quand tu serres la main d’un juif, tu as intérêt à voir si tu as toujours tes dix doigts". Le destinataire de la blague ? Jean-Yves Le Gallou, fils d’un Waffen SS qui assume ses convictions racistes et nostalgiques du IIIème Reich. Évidemment, une fois le pot aux roses découvert, Marta Le Nair a été exfiltrée.

Elle pourra profiter de son temps libre pour blaguer avec Geneviève Veslin, candidate dans la Creuse qui a déclaré sur le réseau social russe VKontakte que "les prétendues chambres à gaz et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique". Dans le même département, le parti a été contraint de se séparer d’un autre candidat, Thierry Morin, condamné à 9 mois de prison dont 6 avec sursis pour violences conjugales. Les voisins de Corrèze n’ont eux aussi, toujours pas effectué leur travail de dédiabolisation. En même temps, comment mener ce travail à bien lorsque le mouvement est représenté par Danièle Delavaud qui écrit en 2017 "Qu’on arrête de construire des mosquées, je suis OK pour les faire sauter" ?

Mentionnons également Éric Dureux, candidat à Sedan. Un ancien militaire condamné en mars 2017 à huit mois de prison avec sursis pour une agression sur mineur de moins de 15 ans. Une fois encore, le parti a joué les vierges effarouchées et s’est débarrassé de l’encombrant troufion. Pourtant, un candidat est tenu d’avoir un casier judiciaire vierge…

L’Ile-de-France en force !

Dans la région la plus riche et la plus peuplée de France, le parti se targue de présenter de beaux produits en vitrine : la jeune tête de liste, Jordan Bardella, fait figure d’espoir sur le long terme. Dans la capitale, la bataille est menée par l’ancien journaliste de LCI Philippe Ballard. Une belle prise de guerre.

Mieux vaut regarder ce qui se trame derrière les produits mis en vitrine

Hélas, sur les étalages, les produits ont un arrière-goût bien rance. Mentions spéciales à Jacky Marcaille, 31ème à Paris qui poste sur Facebook des photos où il est inscrit "Sieg Heil Macron". Dans les Yvelines, un candidat a retweeté une citation de Renaud Camus théoricien du grand remplacement : "Un charter qui décolle, c’est une prison qui ferme".

Le RN francilien accueille également à bras ouverts Anne Jacqmin, quatrième de liste dans les Yvelines qui assume sur Twitter une ligne politique mi-complotiste mi-antisémite en affirmant que "le passeport sanitaire a un goût d’étoile jaune". Wilson Roux, sixième sur la liste de l’Essonne semble selon lui fan de Dieudonné puisqu’il a tweeté en 2014 : "J'aime une vidéo YouTube : Valls reçu par des quenelles à Rennes".

Reconnaissons un mérite au Rassemblement national version Marine Le Pen : chaque candidat "problématique" a été rapidement évincé. Problème, il n’aurait jamais dû être présenté. La faute à des cadres qui ne voient pas le problème ? À de la négligence dans la nomination des candidats ? Impossible d’avoir une réponse précise. Une chose est certaine, cela frôle l’amateurisme.

Au sommet, on se protège

Ces petits, ces sans-grades, ces soutiers ont été sacrifiés immédiatement par les instances dirigeantes du RN. Étrangement, plus le candidat est haut placé dans le parti, plus il est protégé. Ce n’est pas l’ancien responsable de Nissa Rebela, l’identitaire Philippe Vardon qui dira le contraire. Celui qui s’est notamment illustré par des distributions de soupe au cochon (pour exclure les musulmans) mène une honnête petite carrière puisqu’il est vice-président du groupe RN au conseil régional de la région Paca. Impossible à l’heure actuelle d’affirmer de manière certaine que Julien Odoul, tête de liste aux régionales en Bourgogne-Franche-Comté se gausse de la mort d’un loup ou d’un agriculteur qui se serait "pissé dessus" et pendu "avec une corde française". Pour sa défense, rien dans les enregistrements diffusés par Libération ne permet d’en être certain. En même temps, difficile d’imaginer un loup se pendre… Mais la question n’est pas là. Elle serait plutôt la suivante : Si les faits étaient avérés, sera-t-il sanctionné par son parti ? Il est probable que non. Chez les défenseurs auto-proclamés des classes populaires, on sacrifie la piétaille et on se serre les coudes au sommet.

Lucas Jakubowicz

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