Anne et Henri Beaufour, actionnaires discrets mais de long terme

Petits-enfants du docteur Henri Beaufour, à l’origine d’Ipsen, ils sont aujourd’hui membre du conseil d’administration du groupe pharmaceutique. Détenteur de 56 % du capital, ils se font néanmoins très discrets.

Petits-enfants du docteur Henri Beaufour, à l’origine d’Ipsen, ils sont aujourd’hui membre du conseil d’administration du groupe pharmaceutique. Détenteur de 56 % du capital, ils se font néanmoins très discrets.

En 1929, le docteur Henri Beaufour fondait les Laboratoires Beaufour à Dreux. Il lançait alors le Romarène, un produit d’origine naturelle à base de romarin et destiné au traitement des troubles digestifs. Aujourd’hui, Ipsen, c’est un chiffre de 2,5 milliards d’euros (pour l’année 2019), une présence dans plus de 100 pays et plus de 5 700 employés. En 90 ans l’entreprise a changé de dimension mais la famille fondatrice est, elle, bien restée au capital, détenant encore 56,4 % des actions de la société. Parmi les héritiers : Anne et Henri Beaufour, petits-enfants d’Henri Beaufour et filles et fils d’Albert Beaufour.

Administrateurs d’Ipsen

Si tous les deux jouent la carte de la discrétion, Anne et Henri sont néanmoins membres du conseil d’administration d’Ipsen depuis 2005. Elle, est diplômée en géologie de l’université de Paris-Orsay. À 55 ans, Anne Beaufour est vice-présidente de Mayroy SA, actionnaire principal du groupe Ipsen qui a été scindé en 2019 en plusieurs entités patrimoniales qui continuent néanmoins à agir de concert.

Anne et Henri Beaufour sont membres du conseil d’administration d’Ipsen depuis 2005

Pour sa part, Henri Beaufour est titulaire d’un bachelor of arts de l’université Georgetown. Lui aussi est actionnaire de différentes sociétés qui détiennent directement et/ou indirectement des actions dans Ipsen. Parallèlement, Henri Beaufour est impliqué dans les activités philanthropiques, en particulier dans le cadre d’associations d’aides à l’enfance permettant à des jeunes gens d’avoir accès à l’éducation, telle que la Fondation Alasol.

Stratégies d’acquisitions

Ipsen développe et commercialise des médicaments innovants dans trois domaines thérapeutiques ciblés, que sont l’oncologie, les neurosciences et les maladies rares. Ce business model s’est construit au fil des âges. Dans les années 1970, l’ascension du groupe s’est appuyée sur les produits d’origine naturelle. Ipsen a lancé Tanakan et Smecta, deux médicaments qui demeurent aujourd’hui encore des produits importants pour la société.

Dans les années 1970, l’ascension du groupe s’est appuyée sur les produits d’origine naturelle

Ipsen s’est également concentré sur l’ingénierie de produits peptidiques et a créé son centre de recherche à proximité des campus de Boston. De ses collaborations avec les universités américaines est né le Decapeptyl, médicament oncologique, à l’origine de l’expansion du groupe à l’international. En 2005, la société s’introduit en Bourse. Son but ? Accélérer en médecine de spécialité – qui représente aujourd’hui plus de 89 % de son chiffre d’affaires - et accéder au marché américain (en 2018, l’Amérique du Nord représentait plus de 27 % de son CA).

La croissance à coups de rachats, qui a été l’une des forces d’Ipsen, se poursuit aujourd’hui. En 2019, le groupe annonçait son acquisition la plus importante en déboursant 1,3 milliard de dollars pour Clementia Pharmaceuticals, biotech basée à Montréal et spécialisée dans les maladies osseuses rares. Si ce deal lui a valu quelques déboires, le nouveau dirigeant de l’entreprise David Loew déclarait cet été maintenir cette stratégie. "Une des priorités est de trouver des molécules qui peuvent renforcer notre portefeuille." Et ainsi faire perdurer la grande aventure Ipsen.

Olivia Vignaud

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