Amélie André (Novapuls) : « Créer des belles rencontres entre des entrepreneurs et des investisseurs »

Amélie André, directrice de NovaPuls, porte sur ses épaules un projet ambitieux, dans l’ère du temps. Elle compte accueillir ses huit premières start-up au sein de l’incubateur nantais dès septembre 2018. Elle nous présente la structure ainsi que son programme d’accompagnement.

Amélie André, directrice de NovaPuls, porte sur ses épaules un projet ambitieux, dans l’ère du temps. Elle compte accueillir ses huit premières start-up au sein de l’incubateur nantais dès septembre 2018. Elle nous présente la structure ainsi que son programme d’accompagnement.

Décideurs. Pouvez-vous nous présenter votre incubateur ?

Amélie André. Novapuls est une filiale de Sodero Gestion, le capital investisseur Bretagne et Pays de la Loire de la Caisse d’épargne. Elle a été créée en 2017 et j’en suis la première salariée ! L’enjeu pour Sodero Gestion est d’élargir son portefeuille de participations à des entreprises innovantes en phase d’amorçage. Le capital investisseur souhaite, via Novapuls, intervenir plus en amont dans la vie d’une entreprise et compléter ainsi son panel d’investissements, tournés aujourd’hui vers des PME et de grandes entreprises régionales à tous les stades de leur cycle de vie. Sodero Gestion propose ainsi un programme d’hébergement et d’accompagnement de douze mois.

Justement, quel accompagnement allez-vous proposer ?

Nous offrons tout d’abord à des entrepreneurs, porteurs d’un projet innovant, un hébergement dans un immeuble en plein cœur de Nantes, partagé avec les investisseurs de Sodero Gestion. Nous proposons ensuite un programme d’accompagnement de douze mois autour de trois leviers clés de l’entrepreneuriat : le capital du dirigeant et ses capacités à développer son projet et son équipe, l’acquisition client et sa stratégie commerciale ainsi que son parcours de financement. Enfin, les entrepreneurs auront un accès privilégié à une communauté, un réseau constitué de nos pairs investisseurs mais aussi de dirigeants de PME et ETI que Sodero Gestion a déjà dans son portefeuille et qu’elle accompagne depuis plusieurs années.

Quelles typologies de start-up souhaitez-vous accueillir ?

Nous ciblons des start-up de la région Pays de la Loire, en phase d’amorçage, qui proposent une offre innovante, peu importe leur secteur. Nous identifierons des projets qui sauront nous séduire mais surtout une équipe de fondateurs engagée et solide.

Nous sommes en mesure d’accueillir quinze start-up, en fonction de la taille des équipes. En septembre, nous en accueillerons sept ou huit avant d’en héberger autant six mois plus tard. Comme nous accompagnons les jeunes pousses pour une durée de douze mois, chacune d’entre elles côtoiera deux promotions différentes, ce qui créera une dynamique et un plus grand nombre d’opportunités entre les entrepreneurs.

« Nous ciblons des start-up de la région Pays de la Loire, en phase d’amorçage, qui proposent une offre innovante »

Avez-vous déjà sélectionné les premières start-up qui intègreront votre incubateur ?

Pas encore. Nous attendions dans un premier temps que le programme de rénovation du bâtiment tienne ses promesses. Mais l’appel à candidature est désormais lancé avec cet article !  Nous avons trois mois pour pré-sélectionner les entrepreneurs et soumettre leur projet à un comité qui annoncera la première promotion 2018 dès la rentrée. 

Que se passera-t-il une fois les douze mois écoulés ?

Sodero Gestion, via son véhicule d’investissement Pays de la Loire Développement (PLD), finance le programme d’accompagnement de chaque start-up incubée chez Novapuls, en contrepartie d’actions au moment de la levée de fonds.  À l’issue de l’année, la start-up n’est plus hébergée mais elle reste suivie jusqu’au premier tour de table.

Si la start-up lève des fonds, PLD peut actionner ses bons de souscription en action. Si la start-up ne souhaite pas PLD parmi ses actionnaires, elle devra alors rembourser cette avance (d’environ 20 000 euros), scenario pessimiste mais néanmoins inévitable si la start-up ne lève pas de fonds et ne génère aucun chiffre d’affaires. PLD perd ainsi son investissement.

« Toutes nos start-up ne réussiront peut-être pas, mais s’il y a bien quelqu’un qui doit prendre un risque, ce sont les investisseurs ! »

Justement, on parle actuellement beaucoup de « cimetière des start-up ». Comment comptez-vous sélectionner les bonnes entreprises ?

Il existe en effet un enjeu de sélection important. À ce stade, nous choisissons surtout un fondateur et une équipe. Bien sûr, tous n’y parviennent pas mais s’il y a bien quelqu’un qui doit prendre ce risque, ce sont les investisseurs ! Nous espérons que les start-up que nous accompagnerons réussiront leur développement, créeront de l’emploi sur le territoire et que leurs fondateurs deviendront les dirigeants d’une belle ETI d’ici à dix ans.

Nous recherchons aussi des profils complémentaires pour créer de belles synergies au sein du dispositif. Nous espérons accueillir des jeunes étudiants qui lancent leur entreprise mais également des entrepreneurs qui ont déjà une solide expérience professionnelle, des chercheurs, des « marqueteurs », des commerciaux, voire des autodidactes.

Quelles synergies espérez-vous créer ?

Nous voulons créer des belles rencontres entre des entrepreneurs et des investisseurs mais aussi avec les dirigeants des PME et ETI de la région. Avoir un espace de rencontre et d’innovation facilitera les opportunités commerciales pour les uns et de transformation digitale pour les autres.

Comment expliquez-vous le dynamisme de la région nantaise ?

Il existe une réelle dynamique autour du digital et du numérique à Nantes. Les réseaux, les entreprises, Nantes Métropoles, la Nantes Tech en sont les moteurs. Depuis quelques années, il fait bon entreprendre à Nantes, notamment grâce à la naissance de dispositifs d’accompagnement qui proposent des offres intéressantes aux entreprises.  Startupers, venez donc à Nantes car on se mobilise pour vous ici !

 

Propos recueillis par Margaux Savarit-Cornali 

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