Abergel & Associés : "Il est inconcevable de réaliser les évaluations d’entreprises sans tenir compte de la crise sanitaire"

La crise sanitaire n’a pas freiné l’activité d’Abergel & Associés, régulièrement sollicité dans le cadre de contentieux de toutes natures pour des missions d’assistance technique, d’évaluations de préjudices et d’évaluations d’entreprises. Jean-Noël Munoz, associé du cabinet, dresse un bilan de l’année marquée par la fermeture des tribunaux au printemps 2020.
Jean-Noël Munoz, associé, Abergel & Associés

La crise sanitaire n’a pas freiné l’activité d’Abergel & Associés, régulièrement sollicité dans le cadre de contentieux de toutes natures pour des missions d’assistance technique, d’évaluations de préjudices et d’évaluations d’entreprises. Jean-Noël Munoz, associé du cabinet, dresse un bilan de l’année marquée par la fermeture des tribunaux au printemps 2020.

DÉCIDEURS. Abergel & Associés se voit régulièrement confier des missions d’expertise judiciaire par les différentes juridictions sur l’ensemble du territoire national. Dans quelles conditions êtes-vous parvenu à accomplir vos missions en pleine crise sanitaire ?

Jean-Noël Munoz. L’impact de la crise sanitaire s’est ressenti à plusieurs niveaux. Nous avons, d’une part, constaté une augmentation du volume d’activité malgré les différentes périodes de confinement. Après la réouverture des tribunaux de commerce et des tribunaux judiciaires, nous nous sommes vu confier plusieurs missions d’expertise judiciaire dans le cadre d’évaluations de préjudices directement liées à la pandémie, notamment dans le secteur de l’hôtellerie et celui de la restauration. D’autre part, si le nombre de défaillances d’entreprise a reculé en 2020 et 2021 compte tenu des aides attribuées par l’État, le cabinet n’a pas connu une baisse d’activité dans le domaine du redressement et de la liquidation judiciaires, largement compensée par les missions d’expertises sollicitées à la demande des organes de la procédure.

Vous avez développé depuis quelques années des compétences de haut niveau dans les domaines de la banque et de la finance, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous sommes parvenus à développer cette activité par la connaissance que nous avons du réseau d’avocats spécialisés dans ces secteurs, et grâce à la présence d’un expert de justice spécialisé dans ces domaines d’activité au sein du cabinet, ce qui est assez rare sur la place de Paris. Nous intervenons en tant que conseils dans de nombreux dossiers qui concernent directement des fonds d’investissement, à leur demande ou qui impliquent les sociétés dans lesquelles ces fonds ont investi.

"En tant que conseils, nous ne traitons pas uniquement le volet financier, nous participons également à la stratégie"

Le cabinet accompagne également les avocats en qualité de conseils pour assister les grandes entreprises internationales dans la gestion de leurs conflits commerciaux. Quels supports apportez-vous dans une telle situation ?

Nous sommes sollicités par les cabinets d’avocats principalement dans les contentieux d’actionnaires, les litiges commerciaux d’évaluation de préjudice ou encore sur les problématiques de concurrence déloyale. Le plus souvent, nous ne traitons pas uniquement le volet financier, mais nous participons également à la stratégie : notre forte activité en qualité d’experts de justice nous apporte l’expérience nécessaire pour être performants, aux côtés des avocats, lorsque nous intervenons en tant que conseils pour nos clients.

Vous fournissez à vos clients des évaluations d’entreprises. Quelles grandes tendances avez-vous observées à ce sujet ?

En 2021, il est inconcevable de réaliser les évaluations d’entreprises sans tenir compte de la crise sanitaire, quel que soit le secteur d’activité. Certes, certaines valeurs ou certains multiples peuvent être déconnectés des référentiels habituels, mais cette situation n’est pas conjoncturelle et je ne constate pas de dérive à ce sujet. Elle a existé bien avant la pandémie et varie d’un secteur à un autre. Dans le secteur viticole, par exemple, ou dans celui du très grand luxe, un acheteur peut être prêt à payer bien plus cher que la valeur de marché s’il souhaite obtenir le bien. À l’inverse, dans le secteur de la sidérurgie lourde, des entreprises peuvent être cédées à des prix très faibles, de manière contrainte ou non, afin d’éviter les vagues de licenciements, lesquelles sont à terme très coûteuses.

Depuis la pandémie, le recours à la visioconférence s’est développé dans le cadre des procédures d’arbitrage. Pensez-vous que cette pratique perdurera dans les années à venir ?

Nous retenons une très bonne expérience de notre premier arbitrage effectué en visioconférence début 2021. Bien qu’elle nécessite une grande préparation en amont, la visioconférence présente plusieurs avantages : elle permet de réunir aisément, et à moindre coût, les membres du tribunal arbitral. Les parties, les avocats et les conseils techniques peuvent quant à eux s’exprimer de manière parfois plus simple, puisqu’ils sont détachés de l’environnement conflictuel qu’impliquent les audiences tenues en présentiel. Néanmoins, je doute que cette pratique perdure à l’avenir puisqu’à ce jour, la majeure partie des audiences se tient de nouveau en présentiel.

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