A. Valle (Rinnovo) : "Le mercato des avocats est permanent"

Après vingt ans d’expérience professionnelle en entreprise, Antoine Valle a créé en novembre 2019 le cabinet de recrutement Rinnovo. Son objectif ? En faire le point de rencontre entre les entreprises en croissance et les candidats talentueux.

Après vingt ans d’expérience professionnelle en entreprise, Antoine Valle a créé en novembre 2019 le cabinet de recrutement Rinnovo. Son objectif ? En faire le point de rencontre entre les entreprises en croissance et les candidats talentueux.

Décideurs. Pourquoi avez-vous créé un cabinet de recrutement ? 
Antoine Valle.
J’ai été salarié pendant vingt ans, mais j’ai toujours voulu travailler à mon compte : j’ai le goût de l’indépendance et l’esprit d’aventure. À 45 ans j’ai pensé que c’était le moment ou jamais.
J’ai opté pour le recrutement pour être utile aux entreprises qui veulent recruter des candidats leur permettant de passer un cap comme aux candidats qui ne s’épanouissent pas dans leur vie professionnelle. La raison d’être de Rinnovo se résume à établir leur point de rencontre. Pour le moment, j’interviens essentiellement dans le secteur juridique, pour des cabinets d’avocats d’affaires.

Pour quelles raisons avez-vous ciblé les avocats principalement ? 
Je connais très bien ce marché. J’ai travaillé pendant six ans chez Décideurs avant de lancer mon activité. Je rencontrais trois fois par jour des associés en cabinets d’avocats d’affaires. Ils me parlaient d’eux et de leur métier. J’ai constaté qu’ils avaient souvent des difficultés à recruter, non pas la personne qui allait avoir les compétences techniques requises pour le poste, mais celle dont la personnalité était adaptée au contexte, celle qui allait donner le meilleur d’elle-même dans le cabinet. Par ailleurs, je constatais que les collaborateurs n’étaient pas toujours heureux de leur vie professionnelle et peinaient à se faire remarquer par des structures dans lesquelles ils pourraient s’épanouir. J’ai donc voulu les aider. 

Quelles sont les méthodes de recrutement que vous utilisez ?
Ma méthodologie s’appuie largement sur des solutions technologiques. Je suis passionné par le sujet de l’intelligence artificielle qui va être bientôt au coeur de nos vies, notamment de nos vies professionnelles. On possède déjà, dans le recrutement, d’excellents outils qui permettent d’identifier les candidats qui ont les compétences requises pour le poste. Je les utilise, mais n’en suis pas esclave. J’emploie aussi des méthodes traditionnelles : j’ai un bon carnet d’adresses et je fonctionne par approche directe. Et c’est mon plaisir de rencontrer des gens intéressants qui me parlent d’eux et de leurs projets.

"Ma méthodologie de recrutement s’appuie sur des solutions technologiques"

En quoi est-ce que votre offre se distingue-t-elle de celle de vos concurrents ? 
Mes clients sont des dirigeants de cabinets d’avocats qui ne veulent plus faire leurs recrutements eux-mêmes. Ils trouvent cela long, difficile et onéreux. Ils font appel à moi car je m’implique personnellement dans chaque dossier pour mener la mission rapidement et efficacement. Ils connaissent mon point fort : j’accorde énormément d’importance à la relation que je crée avec mon interlocuteur ce qui me permet de comprendre les besoins du dirigeant et de trouver pour lui le bon candidat, celui qui a les compétences techniques requises et la personnalité adaptée.

Quel regard portez-vous sur le marché du recrutement des avocats ? 
C’est un mercato permanent. C’est encore plus vrai que dans le monde du football où il y a deux marchés par an, l’un à l’été, l’autre en janvier. Chez les avocats, c’est tout le temps. Naturellement, le contexte actuel n’est pas excellent. Des avocats en cabinets d’affaires perdent leur emploi en ce moment. Des collaborateurs sont invités à quitter leur cabinet, en raison des difficultés ou des incertitudes. C’est très embêtant, mais aussi très ponctuel : ce seront les premiers à bénéficier de la reprise économique qui se profile. Mais des associés aussi sont poussés dehors parfois, quand ils n’ont pas atteint leurs objectifs de l’année 2020. Ils peuvent retrouver facilement un poste s’ils ont un chiffre d’affaires. Mais si leur clientèle personnelle est insuffisante pour intégrer un cabinet de premier plan, la voie n’est pas bouchée : de nouveaux modèles de cabinets émergent avec des exigences de chiffre d’affaires moins importantes.

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur vos activités ?
L’impact a été positif. En tout cas, je n’ai pas été freiné. J’ai eu de nouvelles missions ; j’ai continué à recruter à distance pendant le confinement. Le marché des avocats est très fluide et j’ai la chance d’avoir comme clients des avocats entrepreneurs, dynamiques : ils ont foi en l’avenir. Ils ne se laissent pas abattre et vont de l’avant.

"J’ai continué à recruter à distance pendant le confinement"

Votre activité ne se limite pas qu’à la France. Vous intervenez aussi en Italie. Pourquoi avoir choisi ce pays pour développer vos activités ?
J’aime l’Italie et la dolce vita. J’aime les Italiens et partage leur passion pour le football. Je connais le marché des cabinets d’avocats de ce pays : je l’ai couvert plusieurs années pour le compte de Décideurs. J’y allais plusieurs fois par an, à Milan notamment, pour réaliser les classements des meilleurs cabinets italiens. Ce qui est très frappant chez eux c’est leur volonté de s’ouvrir à l’international. Ils ne veulent pas se limiter à leur marché domestique. Au début de l’année 2020, j’ai aidé un cabinet italien à s’implanter en France. J’aurais volontiers continué dans cette voie, mais le contexte n’était pas favorable ; les frontières étaient fermées. Mais c’est une excellente piste pour moi, pour le développement de mes activités à l’avenir.

Justement, comment voyez-vous l’avenir pour Rinnovo ?
J’ai de grandes ambitions. Je souhaite faire de Rinnovo le point de rencontre entre les entreprises en croissance et les candidats talentueux dans tous les domaines d’activité. C’est un objectif élevé. Il me faudra sans doute un peu de temps pour l’atteindre, mais comme le disait Lao-Tseu "un chemin de mille pas commence par un pas". Mon premier pas est fait dans le domaine du droit, je l’accomplis avec joie.

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