A.Sauzé (avocat-youtubeur) : "La legaltech sera le quotidien des juristes de demain"

Le cofondateur de Young Avotech s’est lancé sur YouTube pour parler transformation digitale et legaltech. En août dernier, Arthur Sauzé sort sa première vidéo. Le jeune avocat teste et analyse les différentes start-up du droit proposant un service de robotisation des contrats. Deux semaines plus tard, il organise un « battle » entre deux sites de mise en relation client-avocat. Ses vidéos ont été vues par plusieurs milliers d’internautes et le youtubeur ne compte pas s’arrêter là.

© Alexandre Moisan

Miniature de la vidéo « Trouver un (bon) avocat #1 : battle des legaltechs »

Le cofondateur de Young Avotech s’est lancé sur YouTube pour parler transformation digitale et legaltech. En août dernier, Arthur Sauzé sort sa première vidéo. Le jeune avocat teste et analyse les différentes start-up du droit proposant un service de robotisation des contrats. Deux semaines plus tard, il organise un « battle » entre deux sites de mise en relation client-avocat. Ses vidéos ont été vues par plusieurs milliers d’internautes et le youtubeur ne compte pas s’arrêter là.

Décideurs Juridiques. À qui se destinent vos vidéos ? 

Arthur Sauzé. Ma chaîne Tedi s’adresse principalement aux cabinets d’avocats et aux directions juridiques désireux de moderniser leurs pratiques. La digitalisation est un levier de performance incontestable. Néanmoins, s’informer sur le sujet et choisir la solution adaptée à ses besoins peut être un sacerdoce. Mon expérience chez Young Avotech m’a permis de développer une connaissance fine des outils présents sur le marché des technologies à destination des juristes. C’est pourquoi je suis aujourd’hui en mesure de proposer une véritable étude de marché. L’autre partie de mon audience est constituée par des étudiants en droit et c’est un très bon signe car la legaltech sera le quotidien des juristes de demain. Je suis convaincu qu’à l’avenir, la maîtrise des outils numériques va devenir une compétence très recherchée. 

Quelle est votre démarche ? 

Mon objectif est de proposer un contenu accessible, clair et pédagogique permettant de se faire une idée concrète des services proposés. Je vise les points forts et les points faibles de chaque acteur du marché, dans une approche bienveillante. L’idée n’est pas de défavoriser un concurrent mais de donner un aperçu clair des solutions. Par exemple, dans ma vidéo Trouver un (bon) avocat #1 : Battle des legaltechs, j’ai comparé deux entreprises de mise en relation client-avocat : Call a lawyer et Monavocat.fr. Il se trouve que je connais très bien le CEO de la première, Mathieu Davy, car je travaille avec lui depuis des années. Or, cela ne m’a pas empêché d’analyser les deux solutions de manière objective. Ma démarche est avant tout celle d’un expérimentateur et d’un conseiller. 

Comment vous est venue cette idée ?

Tout bêtement lorsque je cherchais à acheter une moto, je suis tombé sur des vidéos comparatives qui m’ont permis de choisir entre deux modèles. J’ai eu envie de faire la même chose pour la legaltech car il y a un vrai besoin d’accompagnement vers les nouveaux champs technologiques. Ensuite, je me suis réapproprié les codes des chaînes populaires en matière de gaming, d’humour ou de fitness. J’ai passé des heures sur YouTube à regarder leurs vidéos pour m’inspirer de leurs montages.  

Quel est votre business model ? 

Tedi, c’est une chaîne YouTube mais surtout un cabinet de conseil en transformation digitale pour les cabinets d’avocats et les directions juridiques. Mon objectif est donc d’accompagner ces acteurs dans l’adoption d’outils performants. J’ai à cœur de rester indépendant quant à mon analyse des solutions. Aussi, les legal start-up peuvent-elles me contacter pour que j’analyse leurs produits dans mes vidéos. Si j’accueille volontiers les indemnités de défraiement, je ne souhaite pas nouer de partenariats rémunérés avec ces acteurs pour des raisons d’indépendance et de crédibilité. En revanche, je suis totalement ouvert à la sponsorisation de mes vidéos par des acteurs non juridiques tels que des banques ou des assurances. 

Quelles sont vos ambitions pour cette chaîne ? 

J’espère continuer à recevoir des retours positifs. Récemment, on m’a surnommé « le Squeezie du droit » [en référence au célèbre youtubeur qui a 13,6 millions d’abonnés, ndlr]. La comparaison me fait sourire. Plus sérieusement, mon objectif est de passer la barre des 1 000 abonnés dans six mois et d’arriver à une vingtaine de vidéos d’ici un an. Je suis dans une logique qualitative et non quantitative. À terme, ma volonté est de créer une base de contenus qualitatifs sur la legaltech, mais également la fintech et la regtech. 

Propos recueillis par Romane Gagnant

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