A.Recher (Groupe Onet) : « Nous avons conçu des outils de formation adaptés aux salariés nomades »

Comment parvenir à former efficacement tous les collaborateurs quand on conjugue une multiplicité de métiers, des salariés à faible niveau de qualification et dont le lieu de travail se situe directement chez le client ? C’est l’un des challenges de la DRH du groupe pilotée par Antoine Recher.

Comment parvenir à former efficacement tous les collaborateurs quand on conjugue une multiplicité de métiers, des salariés à faible niveau de qualification et dont le lieu de travail se situe directement chez le client ? C’est l’un des challenges de la DRH du groupe pilotée par Antoine Recher.

Décideurs. Quelles sont les spécificités du groupe Onet ?

Antoine Recher. Nous n’avons pas d’usine, nous effectuons nos prestations chez nos clients, sous l’œil de nos clients qui apprécient donc au quotidien la qualité de notre travail. Une autre spécificité du groupe est la multiplicité de ses activités : de la propreté à la sécurité, au nucléaire, avec une grande diversité de métiers.

Vous avez développé plusieurs programmes de formation. En quoi consistent-t-il ?

Sur l’ensemble des 72 000 salariés du groupe, 60 000 sont des agents d’exécution qui n’ont pas suivi un parcours scolaire ou académique approfondi. Le sujet de la formation est donc essentiel, à commencer par l’apprentissage des gestes techniques et de sécurité. Nous avons déployé des dispositifs destinés à délivrer des formations qui sont aisément accessibles, sur le lieu de travail des salariés qui sont nomades. Un projet en particulier, Onet Learn, a emporté un grand succès. Il s’agit d’un module de formation accessible sur un smartphone, conçu avec une ergonomie adaptée. Le projet a été conçu pour l’apprentissage du métier de la propreté sur la ligne 1 du métro. Le programme est basé sur une grande simplicité, il utilise des pictogrammes qui rendent le message intuitif pour tout public. Depuis, avons décliné ce concept à d’autres métiers : sur les missions déployées chez Airbus, pour les ports et charges au sein des usines Michelin... Ce sont près de 300 vidéos et tutoriels qui sont aujourd’hui déployés.

Vous évoquiez le sujet de la sécurité. Avez-vous des objectifs spécifiques à cet égard ?

Nombre de nos métiers s’exercent dans des contextes dangereux et la protection physique des salariés constitue évidemment une priorité. Notre plan stratégique 2016-2020 prévoit la diminution par deux du nombre d’accidents du travail. Aujourd’hui, nous en sommes à 3/5e de notre plan. Par conséquent, nous avons prévu de faire un focus approfondi sur le sujet en 2019. Mais là aussi, le sujet peut être abordé par des actions simples.

« Notre plan stratégique prévoit la diminution par deux du nombre d’accidents du travail »

C’est-à-dire ?

Par exemple, nous avons décidé que chaque salarié qui revient travailler après un arrêt de travail doit être reçu par son manager. Il est interrogé sur ce qui s’est passé, comment il va et comment l’aider pour son retour au travail. Ce simple geste managérial a pour effet de réduire de façon sensible le nombre d’arrêts de travail et le taux d’absentéisme. C’est d’ailleurs très logique : si on ne me considère pas, je ne me sens pas concerné. En revanche, si l’on prête attention à mon sort, je me sens faire partie intégrante de l’entreprise.

Comment définiriez-vous les liens qui unissent Onet avec son territoire d’origine ?

L’entreprise est fière de ses origines marseillaises et se sent très liée à sa ville. Au-delà de cela, le groupe est en lien fort avec les territoires. Nous sommes convaincus que l’ancrage régional est l’une des clés du succès d’Onet. Nous exerçons des métiers de service et de proximité, ils ne sont pas délocalisables. Le fait d’être ancré géographiquement est d’ailleurs un élément différenciant d’Onet vis-à-vis de ses concurrents, qui lui permet de faire le pari de la réactivité.

Marie-Hélène Brissot

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