A. Lemaire et J. Granier : "Kabin permettra de trouver un espace de travail de qualité pendant les moments de micro-working"

La start-up Kabin vient d’intégrer la nouvelle promotion de la plateforme d’innovation Ville Durable de Paris&Co. Adrien Lemaire, CEO et cofondateur, et Josselin Granier, cofondateur non exécutif, nous présentent leur proposition de valeur, leur stratégie de développement et leurs ambitions.
Adrien Lemaire (à droite) et Josselin Granier (©D.R.)

La start-up Kabin vient d’intégrer la nouvelle promotion de la plateforme d’innovation Ville Durable de Paris&Co. Adrien Lemaire, CEO et cofondateur, et Josselin Granier, cofondateur non exécutif, nous présentent leur proposition de valeur, leur stratégie de développement et leurs ambitions.

Décideurs. Quelle est la genèse de Kabin ?

Josselin Granier. Le lancement de Kabin en décembre 2019 résulte d’un parfait alignement de planètes. Tout d’abord, nous avons constaté que le travailleur freelance ou salarié était de plus en indépendant notamment grâce aux technologies permettant la connexion à distance - cette indépendance le rendant de plus en plus nomade. Il y a décloisonnement entre le travail et le lieu où il est pratiqué. Cela se confirme ces derniers mois avec la crise sanitaire qui impacte notre rapport au bureau. Par ailleurs, nous constatons tous les jours une montée en puissance des services avec paiement à l’usage qui remettent en question notre rapport à la propriété. Enfin, Kabin est une histoire d’hommes. Adrien est un entrepreneur des premiers jours qui a cofondé et revendu il y a quelques mois la marque Dagobear à la marque Arthur tandis que j’évolue pour ma part dans le monde de l’immobilier et des foncières, head of Real Estate chez Louis Delhaize et head of investments chez Galimmo. C’est bien la somme de ces trois aspects qui est à l’origine de Kabin. J’ajouterai, pour le clin d’œil, que chaque jour dans nos fonctions respectives, nous cherchons des endroits calmes, confidentiels et flexibles pour préparer un meeting, passer un call ou faire un rdv. Nous préparons donc le lancement d’une solution dont nous serons Adrien et moi les premiers utilisateurs.

Pourquoi avez-vous choisi ce nom pour votre start-up ?

J.G. Nous avons cheminé, étudié plusieurs options et finalement opté pour Kabin car l’intuition et la simplicité sont souvent les ingrédients de la réussite. Ce nom véhicule une notion de temporalité car il fait référence aux anciennes cabines téléphoniques avec lesquelles nous avons grandi, tout en illustrant parfaitement les espaces dont les travailleurs nomades ont besoin aujourd’hui et dont ils se serviront massivement demain.

Quelle est votre proposition de valeur ?

Adrien Lemaire. Notre objectif est d’offrir un bureau partout - un bureau flexible, ultra-accessible grâce à son smartphone, et totalement indépendant en termes de connexion – un bureau hermétique aux bruits extérieurs pour garantir la confidentialité. Dans les heures de travail en dehors du bureau, nous adressons celles passées à attendre son train dans une gare, son avion dans un aéroport, son prochain rendez-vous ou encore un endroit calme pour faire ce prochain rendez-vous … Il est très compliqué de trouver un espace de travail de qualité pendant ces moments de micro-working. Kabin répond à ce besoin non-satisfait. Nous allons accompagner les travailleurs nomades avec des implantations pérennes et d’autres éphémères lors de salons professionnels.

"Nous serons en mesure de couvrir l’ensemble du parcours utilisateur à partir de début septembre"

Où en est le développement de Kabin ?

A.L. Ces six derniers mois, nous avons constitué une équipe d’experts. Nous avons recours aux services d’un développeur full stack, d’un commercial en free-lance qui dispose de dix années d’expérience dans le monde immobilier, d’un product owner qui a une vision très opérationnelle et d’une graphiste pour le design de notre application. En parallèle, nous avons constitué un comité stratégique composé de quatre acteurs : Maël Aoustin, CEO de Galimmo et director M&A and Real Estate chez Louis Delhaize ; Thibault Chassagne, cofondateur de l’entreprise de location de voitures en libre-service « Virtuo » ; Lionel Marty cofondateur de la start-up spécialisée dans l’IoT « Sevenhugs » ; et Robin Rivaton, cofondateur de l’association Real Estech.  Ces quatres hommes clés nous permettent d’aller plus vite en faisant tomber rapidement certaines barrières grâce à leur expérience et leur réseau.

Fin janvier 2020, nous avons eu l’opportunité d’être partenaire du ChangeNow Summit au Grand Palais, ce qui nous a permis de valider un certain nombre de sujets business et de gagner en notoriété. Nous avons ensuite réalisé un premier PoC (ndlr : proof of concept) dans l’espace MyCowork Beaubourg au 5 rue du Cloître Saint-Merri à Paris 4e. Pendant le confinement, nous avons notamment continué à développer notre solution technologique et nous avons intégré les enjeux sanitaires : l’air de nos cabines sera complètement renouvelé avant l’arrivée d’un nouvel utilisateur, nous intégrons de l’ion argent dans nos matériaux pour rendre les surfaces virucides… La crise sanitaire a également eu pour vertu de nous faire gagner cinq ans de communication sur le travail en dehors du bureau. En juin, nous avons validé nos premières implantations qui ouvriront en janvier 2021. Et nous venons d’intégrer la nouvelle promotion de la plateforme d’innovation Ville Durable de Paris&Co qui va nous permettre de développer notre réseau et continuer à structurer notre offre.

Nous sommes aujourd’hui en phase de développement commercial. Nous discutons avec des opérateurs de gares, d’aéroports, de centres commerciaux, des acteurs du courrier, des groupes bancaires… Notre prototype connecté arrivera fin juillet et une première version de l’application sera lancée en parallèle. Nous serons en mesure de couvrir l’ensemble du parcours utilisateur à partir de début septembre.

Quelle est votre stratégie d’expansion ?

J.G. Notre maitre mot : le maillage. Pour y parvenir, nous devons nouer des partenariats solides et durables avec des opérateurs de lieux de destination. Ces derniers doivent répondre à trois piliers fondamentaux, le trafic, l’image et le réseau, sans forcément cocher les trois ensemble : le trafic pour répondre au concept de zone de chalandise suffisante, l’image pour la notoriété et le réseau pour déployer. Nous les classons en différentes catégories. Ceux prime ont pour driver principal les flux de passants. Ce sont les aéroports, les gares, les centres commerciaux majeurs… Les lieux core accueillent quant à eux déjà les travailleurs mais ont besoin d’une offre complémentaire pour répondre au plus près de cette population exigeante. Ce sont les cafés, les lobbys des hôtels, les lounge des aéroports, les tiers lieux... Troisième typologie, les espaces float permettent d’avoir un réseau dense à l’image des agences bancaires, des maisons de services… Enfin, les iconics donneront une grande visibilité à notre produit et constitueront de puissants leviers de communication. Nous déploierons une ou plusieurs cabines dans chaque lieu suivant la capacité d’accueil. Nous commencerons par en déployer 50 à partir de janvier 2021 et ne nous arrêterons pas là. Nous nous concentrerons sur la France pendant la première phase d’expansion.

"Nous prévoyons de déployer 150 cabines au cours des 18 prochains mois"

Comment allez-vous financer ce déploiement ?

J.G. Nous sommes en plein road-show dans le cadre de notre levée de fonds en seed (ndlr : premier tour de table). Nous cherchons à lever 1 M€ en equity, idéalement auprès d’un fonds leader. Nous pensons ensuite compléter la collecte auprès d’un second véhicule et de business angels. Nous utiliserons également d’autres leviers pour couvrir nos besoins : financement bancaire, subventions… Nous sommes confiants car nous avons construit des bases solides ces derniers mois avec Adrien et l’équipe qui nous entoure déjà. De plus, le momentum est bon pour que notre proposition de valeur prenne corps, et ce malgré la crise sanitaire que nous traversons depuis quelques mois et que nous ne négligeons pas.

Quelles sont vos ambitions à moyen terme ? 

A.L. Le seed doit nous permettre de valider notre modèle. Pour ce faire, nous prévoyons de déployer 150 cabines au cours des 18 prochains mois et de conclure des partenariats pour proposer notre solution sur une quinzaine de salons professionnels. A moyen terme, nous visons l’implantation de milliers de cabines. Nous serons ainsi en mesure de constituer une communauté d’utilisateurs. Nous pourrons également nouer des partenariats avec les entreprises pour les accompagner dans le parcours de leurs salariés en dehors des bureaux. Le territoire français constituera notre premier horizon, avec un focus sur l’Île-de-France au cours des prochains mois. Nous avons de hautes ambitions et réunissons actuellement les conditions essentielles pour réussir à créer ce réseau de bureau partout pour proposer une solution de micro-working efficace, accessible et flexible.

Propos recueillis par François Perrigault (@fperrigault)

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Déviation routière : peut-elle porter un intérêt public majeur justifiant une dérogation à la protection des espèces protégés ?

Déviation routière : peut-elle porter un intérêt public majeur justifiant une dérogation à la protec...

Affecter la conservation d’espèces suppose l’obtention d’une autorisation dérogatoire : le projet répond à un impératif d’intérêt public majeur mais a...

La mise en concurrence des concessions hydroélectriques aura-t-elle lieu ?

La mise en concurrence des concessions hydroélectriques aura-t-elle lieu ?

Avec une puissance installée qui avoisine les 25 GW, soit près du 1/5e du parc de production français et près de 12 % de la production d’électricité,...

Face au Covid-19, les aides d’État au soutien du secteur de l’énergie

Face au Covid-19, les aides d’État au soutien du secteur de l’énergie

En principe prohibées, les aides d’État sont aujourd’hui largement mobilisées par la France. Ces aides visent tant à remédier aux perturbations graves...

Contrats administratifs : la fin anticipée à l’initiative de l’acheteur public

Contrats administratifs : la fin anticipée à l’initiative de l’acheteur public

Dans deux arrêts rendus cet été, le Conseil d’État vient préciser le régime de la fin anticipée des contrats publics, frappés d’irrégularité, ou concl...

Le Bail réel solidaire ou la promesse d’un dispositif anti-spéculatif enfin efficient ?

Le Bail réel solidaire ou la promesse d’un dispositif anti-spéculatif enfin efficient ?

Mis en place par l’ordonnance numéro 2016-985 du 20 juillet 2016, conformément à la loi Croissance 2015-990 du 6 août 2015 (ou « loi Macron »), le Bai...

Quelle procédure pour transférer une convention d’occupation du domaine public ?

Quelle procédure pour transférer une convention d’occupation du domaine public ?

L’ordonnance du 19 avril 2017 sur la propriété des personnes publiques n’a pas traité du transfert d’un titre d’occupation du domaine public. S’il ne...

P. Calmon (Esset PM) : "Nous continuerons à regarder des opérations de croissance externe"

P. Calmon (Esset PM) : "Nous continuerons à regarder des opérations de croissance externe"

Malgré le contexte compliqué, Esset, filiale BtoB du groupe Foncia, a poursuivi son développement en 2020 avec les acquisitions d’Yxime et de Perial P...

La veille urbaine du 1 décembre 2020

La veille urbaine du 1 décembre 2020

Tokoro Capital qui acquiert le 86 Rue de Courcelles à Paris 8e, ClubFunding qui recrute Paul-Eric Perchaud, l’Ademe qui présente sa stratégie Transpor...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte