A.Gribe (Neuflize OBC) : "Le marché des fusions-acquisitions reste actif, compte tenu de l’abondance de capitaux à investir"

Anthony Gribe vient de boucler une belle année 2020 avec plusieurs opérations majeures dans les secteurs de la santé et de la technologie. Responsable de la banque d’affaires Neuflize OBC, il compte  en accélérer le développement en 2021.

Anthony Gribe vient de boucler une belle année 2020 avec plusieurs opérations majeures dans les secteurs de la santé et de la technologie. Responsable de la banque d’affaires Neuflize OBC, il compte en accélérer le développement en 2021.

Décideurs. Le marché des fusions et acquisitions a été moins impacté que prévu par la Covid avec une reprise des opérations depuis l’été dernier. Est-ce aussi le cas chez Neuflize OBC ?

Anthony Gribe. Les très grandes opérations de rapprochements de plusieurs milliards d’euros, les « jumbo deals », ont été plus rares que d’habitude. Mais en volume, le marché des fusions-acquisitions a été très actif. Le segment sur lequel nous sommes positionnés, celui du small et midcap, est très porteur en termes d’opérations de M&A. Il correspond à des valorisations d’entreprises allant de 10 à 500 millions d’euros. Nous avons réalisé une bonne année 2020. Depuis trois ans, Neuflize OBC Corporate Finance a connu une forte croissance. Le chiffre d’affaires a doublé entre 2019 et 2020. Constituée d’une dizaine de personnes, notre équipe est de plus en plus visible sur notre marché !

Qu’est-ce qui vous a permis de gagner des parts de marchés ?

Notre double positionnement a été porteur. Partenaire des sociétés familiales et des entrepreneurs, Neuflize OBC Corporate Finance accompagne ses clients dans la durée. Par ailleurs, nous sommes bien positionnés sur des secteurs porteurs, comme celui des TMT (Technologies, Medias, Communication). Il regroupe des entreprises en forte croissance, dont les produits et services sont de plus en plus demandés. C’est le cas par exemple des outils technologiques indispensables au télétravail. Neuflize OBC est aussi très présente dans le domaine de la santé, à l’évidence en première ligne en 2020. Les valorisations des entreprises positionnées sur ces marchés porteurs ont d’ailleurs augmenté depuis la crise sanitaire. Nous avons réalisé de belles opérations dans les secteurs de la technologie et de la santé. L’année 2020 est un très bon millésime pour notre activité.

Comment travaillez-vous avec vos agences en régions ?

Neuflize OBC conseille les entrepreneurs dans toutes les dimensions de leur patrimoine, professionnel et personnel. Ce modèle unique est un atout majeur qui marque notre différence. Il est implémenté en régions via notre réseau d’agences dans les grandes métropoles françaises. Ce réseau nous donne un accès privilégié au tissu industriel français, et nous permet d’identifier les besoins des clients, à travers cette approche spécifique à Neuflize OBC visant à optimiser patrimoine professionnel et personnel.

"Le private equity est  perçu comme une classe d’actifs particulièrement attractive"

Sur quelle opération de cession êtes-vous par exemple intervenu ces derniers mois ?

Nous étions co-conseil lors de la cession de Lagardère Studios à Mediawan. Cette opération entrait dans la stratégie globale du groupe Lagardère, qui voulait se recentrer sur ses métiers principaux, l’édition et le travel retail. Elle a donné naissance à un acteur prédominant de la production audio visuelle en France. L’an dernier, nous avons également accompagné la cession du laboratoire XO pour une valorisation d’environ 300 millions d’euros. Ce laboratoire achète et redynamise des médicaments matures que les grands groupes pharmaceutiques laissent en jachère. Il a été vendu à Novalpina, un fonds d’investissement anglais qui réalise à cette occasion sa première opération en France. La crise sanitaire a accéléré l’attractivité de cette entreprise et l’opération a été menée en 45 jours. 

Est-il encore facile pour les entrepreneurs de lever des fonds, de trouver des financements aujourd’hui ?

L’offre de capitaux à investir est aujourd’hui à un niveau historiquement élevé et le private equity est perçu comme une classe d’actifs particulièrement attractive. Notre actualité récente montre que des projets solides et prometteurs suscitent un fort intérêt. Nous avons par exemple aidé récemment les actionnaires des Laboratoires Delbert à financer l’acquisition du Lepticure à Sanofi via un financement unitranche levé auprès de BPI. La société a également levé 20 millions d’euros auprès d’un pool d’investisseurs (Sagard, IDIA, et la MACSF) et a ainsi renforcé ses fonds propres pour financer sa croissance future. Ce laboratoire, qui a été créé il y a moins de dix ans, a un positionnement très particulier : il achète des médicaments en rupture et remet à plat toute la chaîne logistique afin d’assurer l’approvisionnement du marché.

Craignez-vous un durcissement du marché du M&A et une chute des valorisations en 2021 ?

Une nouvelle récession impactant la solvabilité des entreprises, est le risque majeur de 2021. À ce jour, les économistes anticipent un fort rebond de l’économie en 2021 après la récession de l’an dernier. La dynamique sur le marché des fusions et acquisitions devrait donc être en ligne avec celle de 2020. Nous travaillons actuellement sur de belles opérations qui se profilent dans nos secteurs de prédilection, la santé et les TMT. Nous nous attendons également à des rapprochements dans les secteurs touchés de plein fouet par la crise, comme l’hôtellerie, la restauration, le tourisme qui ont besoin d’investisseurs solides pour renforcer leurs fonds propres et qui visent le long terme.

"La dynamique sur  le marché des fusions et acquisitions devrait donc rester en ligne  avec celle de 2020"

Comment sécuriser une opération de M&A ? Quel conseil donner ?

Il faut être accompagné. Le marché s’est complexifié. Aujourd’hui, il est essentiel de faire du sur-mesure, d’éviter de « plaquer » des raisonnements tout faits. Nous nous adaptons à chaque cas avec pour objectif d’optimiser les termes d’une transaction et le temps des chefs d’entreprises. Plus que jamais, ils sont concentrés sur la bonne marche ou le développement de leur activité alors que mener un processus M&A est extrêmement consommateur de temps. Nous travaillons donc en amont pour structurer les transactions et présenter à nos clients un nombre d’investisseurs réduit mais motivés et qualifiés, cela permet de concilier ces objectifs potentiellement contradictoires tout en préservant la confidentialité.

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