A.Corpas (OneLife) : « Nous essayons d’aller plus loin que la question isolée du type d’actifs »

Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois est réputé pour ses aspects sécurisants.  Mais qu'en est-il lorsqu'on souhaite y insérer des actifs non traditionnels, souvent porteurs de rendement ? Éléments de réponse avec Antonio Corpas, CEO de OneLife.

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Le contrat d'assurance-vie luxembourgeois est réputé pour ses aspects sécurisants. Mais qu'en est-il lorsqu'on souhaite y insérer des actifs non traditionnels, souvent porteurs de rendement ? Éléments de réponse avec Antonio Corpas, CEO de OneLife.

Décideurs. La dernière étude du Boston Consulting Group (BCG) fait état de chiffres records pour le secteur du private equity. Avec plus de 2300 fonds sur le marché, comment implémenter ces solutions dans le contexte particulier du contrat d'assurance-vie luxembourgeois ? 

Antonio Corpas. Le contrat luxembourgeois, tout comme la réglementation afférente, présentent deux aspects qui peuvent, de prime abord, paraitre paradoxaux mais qui s’adaptent très bien à cet intérêt prononcé pour le private equity. D’une part, il suffit de comparer la législation luxembourgeoise de l’assurance-vie avec celles d’autres pays. Notre législation est particulièrement accueillante pour ce type d’actifs. Le Grand-Duché a des règles d’investissement et d’éligibilité des actifs qui sont beaucoup plus flexibles que dans d’autres pays. C’est une résultante du choix qui a été fait par le Luxembourg il y a plus de vingt-cinq ans, à savoir de développer l’assurance-vie avec certaines caractéristiques de produit d’investissement. Ainsi, nous nous rendons compte que le Luxembourg a non seulement su adopter, mais aussi faire évoluer sa réglementation pour coller aux différentes évolutions. À mon sens, le private equity est un actif naturel, aux qualités intrinsèques, à insérer dans les enveloppes d’assurance-vie au Luxembourg. Le second aspect, est que la règlementation luxembourgeoise encadre l’éligibilité de ces actifs. L’accès à ce type d’actif est limité à un certain type de clientèle, dont le patrimoine mobilier net atteint au moins 2,5 millions d’euros. De plus, le montant de la prime doit être d’un million d’euros au minimum. En effet, le private equity est un actif très spécifique qui demande une certaine connaissance du secteur financier et transactionnel. La réglementation vise à s’assurer que les actifs se trouvent entre les mains de personnes averties. De ce point de vue, les solutions d’assurance-vie luxembourgeoises fournissent à la fois une flexibilité et un encadrement qui permettent de gérer cet attrait pour les actifs non cotés dans des conditions de sécurité optimales. Il convient d’ajouter que le Luxembourg dispose du principe de triangle de sécurité qui offre une sécurité à l’investisseur.

Comment anticipez-vous la possible fin de cycle de ce phénomène d'euphorie généralisée ? 

En effet, des réveils peuvent s’avèrer douloureux dans d’autres pays. Notre sentiment chez OneLife, est le fait que nous avons une attractivité naturelle liée au Luxembourg. La règlementation offre une sécurité à l’investisseur. Par ailleurs, nous essayons d’aller plus loin que la question isolée du type d’actifs, traditionnel ou non. Nous disposons d’équipes de spécialistes in house, qui permettent de répondre au mieux aux besoins des clients sur différents secteurs d’activité. En outre, nous essayons d’améliorer et de toujours être performants dans l’expérience client en développant des outils digitaux qui dépassent la question de l’actif. Ces solutions passent par la consultation instantanée du portefeuille ou des transactions, ainsi que de pouvoir souscrire de manière entièrement digitale, notamment pour des investissements sur des fonds externes, qui bénéficieront à tous les segments de notre clientèle.

Qu'en est-il de l'investissement en immobilier-papier ? 

Avant les changements récents, nous avions une activité assez importante sur les OPCI et d’autres segments du secteur immobilier en France. Notre équipe a la capacité d’être agile et de réagir rapidement sur les évolutions législatives. Ensuite, notre capacité d’innovation technique nous permet de fournir les meilleures solutions à nos partenaires français en cas d’opportunités sur le secteur de l’immobilier papier.

Selon vous, quels sont les actifs non traditionnels à privilégier dans le contrat d'assurance-vie luxembourgeois ? 

Si l’on se concentre sur le cas Français, on a vu dans le projet de loi Pacte certaines dispositions qui semblent indiquer que l’on cherche à contrôler les types d’actifs qui peuvent être éligibles à un contrat d’assurance-vie, y compris luxembourgeois. Ce n’est à priori pas en ligne avec les dispositions réglementaires européennes puisqu’en fait l’éligibilité des actifs dépend du régulateur du pays de l’assureur. Ensuite, concernant les actifs non traditionnels à privilégier, notre approche est liée au profil du client. Nous essayons de donner des réponses rapides vis-à-vis des actifs soumis pour le on boarding. Nous ne privilégions pas forcément d’actifs en particulier. En revanche, nous tentons d’offrir à nos clients la palette la plus large possible, avec la meilleure flexibilité pour accueillir tout type d’actifs non traditionnels rendus éligibles par notre régulateur.

Propos recueillis par Yacine Kadri

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