À 15 jours du premier tour, qui vote quoi ?

À 15 jours du premier tour, qui vote quoi ?

La campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite et les différents candidats connaissent des dynamiques différentes. Mais sur quel socle électoral peuvent-ils compter ? Réponse en infographies.

"Les sondages, ça va, ça vient, c’est comme la queue du chien". Cette formule signée Valérie Pécresse comporte une certaine part de vérité puisqu’ils ne sont qu’une photographie de l’opinion à l’instant T. Ils permettent toutefois d’analyser le rapport de force global. Pour cela, le rolling quotidien Ifop-Fiducial réalisé pour Paris Match, LCI et Sud Radio est précieux. Les données ci-dessous sont en date du 25 mars, soit deux semaines avant la clôture de la campagne électorale qui siffle la fin de la publication des études d’opinion. Qui vote quoi ? Comment se positionnent les catégories sociales et les différentes classes d’âge ? 

18-24 ans

Chez les néo-électeurs, Emmanuel Macron fait largement la course en tête puisqu’il recueille 35 % des voix parmi les 18-24 ans. Depuis un an, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent la seconde place. Dans la dernière ligne droite de la campagne, l’Insoumis semble prendre l’avantage avec 20 % des suffrages et trois points d’avance sur Marine Le Pen. Avec 5 % des intentions de vote, Yannick Jadot ne surperforme pas par rapport à sa moyenne globale, contrairement à ce que l’on pourrait penser de façon intuitive. Éric Zemmour, sous la barre des 10 %, ne semble pas enthousiasmer la jeunesse française. Il en est de même pour Valérie Pécresse (3 %).

25-34 ans

L’Ifop fait le choix de scinder en deux classes les jeunes. Une riche idée puisque, dans les urnes, les 18-24 ans se distinguent des 25-34 ans, une catégorie de la population où l’extrême droite réalise des scores particulièrement élevés. 35 % des jeunes adultes votent soit Marine Le Pen (22 %) soit Éric Zemmour (13 %). À gauche, Jean-Luc Mélenchon tire son épingle du jeu (12 %) tandis que Yannick Jadot (6 %) et Anne Hidalgo (2 %) restent loin derrière. Dans cette classe d’âge, Emmanuel Macron est loin devant avec 28 %. Soulignons toutefois qu’entre les 18-24 ans et les 25-34 ans, le score d’Emmanuel Macron varie de 7 points.

65 ans et plus

Cette catégorie de la population est stratégique pour les candidats puisque c’est celle qui s’abstient le moins le jour J. Emmanuel Macron y mène largement la danse avec 32 %. Il est suivi par Valérie Pécresse (21 %) qui réalise une performance près de deux fois plus élevée que sa moyenne globale qui est de 11 %. Toutefois, les seniors étant le socle électoral de LR, la situation est préoccupante pour la droite qui est distancée par le président sortant dans son "bastion traditionnel" en plus d’être inexistante chez les plus jeunes. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen peinent en revanche depuis longtemps à séduire cette catégorie d’électeurs et la situation n’évolue guère. Marine Le Pen est à 15 %, ce qui est toutefois son score le plus élevé mesuré chez les seniors dans le rolling Ifop. Le candidat insoumis, quant à lui, n’obtiendrait que 8 % (contre 20 % chez les 18-24 ans).

Cadres et professions intellectuelles supérieures

Cet échantillon d’électeurs est également clé. Comme les plus de 65 ans, il se mobilise plus que la moyenne. Ce qui semble arranger les affaires d’Emmanuel Macron qui fait la course en tête avec un score estimé à 31 %. La dauphine, Valérie Pécresse, arrive loin derrière avec 16 %. C’est d’ailleurs l’un des principaux enseignements de l’étude  : les CSP+, naguère cœur de cible de la droite, désertent massivement et semblent se reporter sur le candidat sortant, comme lors des européennes de 2019. Sans surprise, l’extrême droite est à la peine dans cet électorat plutôt urbain et diplômé : Marine Le Pen est à 11 % tandis qu’Éric Zemmour, malgré son statut d’intellectuel, est encalminé à 6 %. À gauche, les 15 % de Jean-Luc Mélenchon sont à noter, preuve que le tribun s’adresse à toutes les catégories sociales. Yannick Jadot tutoie les 10 %, soit un score deux fois plus élevé que la moyenne. De là à dire que l’écologie n’est pas populaire...

Ouvriers

Si le candidat EELV moissonne les voix chez les électeurs les plus aisés, il est à 4 % seulement chez les ouvriers, un résultat néanmoins deux fois plus élevé qu’Anne Hidalgo. Cette frange de la population reste la chasse gardée de Marine Le Pen (32 %). Éric Zemmour parvient toutefois à y faire son trou (17  %). Emmanuel Macron, dépeint par ses opposants comme le "candidat des riches", sous-performe dans l’électorat ouvrier mais garde un socle de près de 20 %. Il devance même légèrement Jean-Luc Mélenchon qui est à égalité avec le candidat de Reconquête!…

Professions intermédiaires

Tous les candidats se targuent d’être les défenseurs des classes moyennes. Ces dernières ne semblent pas plébisciter un prétendant à l’Élysée en particulier, à l’inverse des cadres et des ouvriers. Si Emmanuel Macron est en première position (23 %), il est suivi de près par Marine Le Pen (20 %). La troisième place du podium se joue entre Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour, tous deux à 15 %. Valérie Pécresse est à la peine (6 %). La présidente de la région Île-de-France est même distancée par Yannick Jadot (9 %) qui prouve ainsi que l’écologie politique n’est pas qu’une lubie de "bobos des grandes métropoles".

Lucas Jakubowicz

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