4 raisons pour lesquelles votre conseil d’administration est parfois inefficace, par Frédéric Bonan

Le conseil d’administration (CA) est l’organe chargé de fixer les objectifs stratégiques de l’entreprise et d’en assurer le suivi. Longtemps l’apanage des grands groupes, le CA est de plus en plus utilisé par les PME dans le but d’accélérer leur croissance avec des résultats parfois mitigés.

Le conseil d’administration (CA) est l’organe chargé de fixer les objectifs stratégiques de l’entreprise et d’en assurer le suivi. Longtemps l’apanage des grands groupes, le CA est de plus en plus utilisé par les PME dans le but d’accélérer leur croissance avec des résultats parfois mitigés.

Pour Frédéric Bonan, ingénieur de formation, ancien directeur général du Groupe Altran, aujourd’hui à la tête du cabinet de conseil en stratégie I-Deal Development, (il participe ou a participé à de nombreux CA) 4 raisons peuvent expliquer l’inefficacité des conseils d’administration.

Raison n°1 – Des administrateurs passifs

Des administrateurs silencieux, cantonnés dans une posture d’approbation passive des propos tenus, qui ne prennent pas de risque pour faire bonne figure : voilà la première raison d’inefficacité d’un conseil d’administration selon Frédéric Bonan. « Le rôle d’un CA, rappelle le consultant, est de conseiller le dirigeant et de le challenger de manière constructive. Cela suppose une attitude active de la part des administrateurs. Charge ensuite au dirigeant de mettre en œuvre ou non ce qui est dit durant le conseil. Quoi qu’il en soit, un CA doit déboucher sur un plan d’actions, c’est important pour le dirigeant et pour les actionnaires ».

Raison n°2 selon Frédéric Bonan - Le reporting aveugle

A l’inverse, certains conseils d’administration se fourvoient dans une forme de suractivité consistant à produire des statistiques au kilomètre et à analyser des chiffres dans tous les sens. Pour Frédéric Bonan, « le reporting pour le reporting ne sert à rien ». Pire, trop souvent, le soin mis à la production des rapports empiète sur le temps consacré à l’analyse des résultats : les analyses d’ensemble, celles qui nécessitent une prise de recul, ne sont pas menées. ‘L’enjeu est d’identifier les bons indicateurs propres à chaque activité permettant un suivi pertinent de la société lui assurant d’améliorer son avenir..

« Présenter des chiffres, évoquer des aspects budgétaires, ce n’est pas construire un plan d’actions, méme si cela est indispensable, cela reste incomplet » estime Frédéric Bonan. Selon lui, « pour qu’une réunion débouche sur des décisions et des chantiers d’actions, il est nécessaire d’y faire participer les personnes concernées par les sujets à l’ordre du jour, de faire intervenir les bons acteurs susceptibles de pouvoir agir concrêtement. Le problème majeur d’une entreprise concerne le recrutement ? Soit, le DRH doit être convié aux réunions ». Une règle de bon sens pourtant peu appliquée.

Raison n°3 – Le mauvais tempo

La question du rythme est décisive, à plusieurs niveaux :

  • La fréquence des réunions : simple mais fondamental. Il faut pouvoir organiser des réunions lorsque le besoin s’en fait ressentir. « Organiser une réunion sans objet est tout aussi absurde que de ne pas en organiser une lorsque le besoin se fait sentir ». La fréquence des réunions doit s’aligner sur les rythmes de l’entreprise, ses événements, sa saisonnalité éventuelle, etc.
  • Le dynamisme des réunions : Le conseil d’administration est un lieu d’action. Les membres du conseil d’administration se doivent d’être actifs. Un seul mot d’ordre pour Frédéric Bonan : « Trouver le rythme des conseils (soutien) et le rythme dans le conseil (fréquence).
  • L’enchaînement des réunions : le fondateur d’I-Deal Development insiste également sur l’importance de maintenir une cohérence et une logique d’enchaînement entre les séances. Un suivi des actions doit être opéré : la réunion N+1 doit être l’occasion de faire un point sur les actions prises à la réunion N. Des ponts entre les réunions doivent être construits.
  •  

Raison n°4 – Challenger les autres (mais pas soi-même)

L’objectif d’une réunion du conseil d’administration est de faire progresser l’entreprise. Au sortir d’une réunion, les administrateurs ne doivent pas se demander s’ils ont fait bonne figure, mais plutôt répondre à cette question simple : « Ai-je, par ma participation, apporté quelque chose susceptible d’aider l’entreprise dans l’atteinte de ses objectifs ? ».

Le conseil d’administration n’est pas uniquement un lieu de surveillance, c’est aussi et surtout un espace d’échange, de partage d’expériences voire de confrontation civilisée de points de vue. C’est un lieu où chacun doit se challenger soi-même et challenger les autres. Ce qui implique d’avoir le courage de dire les choses, d’affronter les problématiques et de reconnaître les responsabilités de chacun : le dirigeant est responsable des conseils qu’il choisit d’appliquer et les administrateurs des conseils qu’ils donnent ou pas.

A propos de Frédéric Bonan

Frédéric Bonan est ingénieur de formation également diplômé de l’ESSEC. Il a plus de trente années d’expériences dans le conseil en développement stratégique. Ancien directeur général d’Altran, Frédéric Bonan accompagne depuis 2005 les entreprises dans leur stratégie de croissance au travers de son cabinet de conseil I-Deal Development.

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