2MX Organic, deuxième SPAC en France

Après avoir conseillé Mediawan et ses fondateurs dans le cadre
de la création du premier SPAC en 2016, Racine vient de conseiller
Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari dans le cadre de la création du deuxième SPAC français, 2MX Organic, société destinée à réaliser des acquisitions dans la production et la distribution de biens de consommation durables. Entretien avec Maud Bakouche, Associée M&A, et Bruno Cavalié, Associé M&A, au sein du cabinet d'avocat Racine.
Bruno Cavalié & Maud Bakouche

Après avoir conseillé Mediawan et ses fondateurs dans le cadre de la création du premier SPAC en 2016, Racine vient de conseiller Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari dans le cadre de la création du deuxième SPAC français, 2MX Organic, société destinée à réaliser des acquisitions dans la production et la distribution de biens de consommation durables. Entretien avec Maud Bakouche, Associée M&A, et Bruno Cavalié, Associé M&A, au sein du cabinet d'avocat Racine.

Décideurs. Quel fut votre rôle dans ce dossier ?

Maud Bakouche et Bruno Cavalié. Nous avons conseillé les trois fondateurs lors la création de ce nouveau SPAC, depuis l’élaboration de leur projet jusqu’à l’introduction en Bourse de celui-ci sur le compartiment professionnel du marché réglementé d’Euronext Paris.

Notre expérience en qualité de conseils de Mediawan, premier SPAC en France lancé en 2016 par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton, nous avait déjà permis d’adapter cette structure à l’environnement juridique français. Dans le cadre de 2MX Organic, notre expérience acquise auprès de Mediawan nous a permis de proposer des améliorations du modèle initial.

Comment fonctionnent les SPACs et quels sont leurs avantages ?

Un SPAC (« Spécial Purpose Acquisition Company ») est une société cotée, créée par un ou plusieurs fondateurs, afin de réaliser des opérations de croissance externe dont la première (dite « Initial Business Combination » ou IBC) doit être opérée dans un délai prédéfini (entre 18 et 24 mois), le tout dans un secteur économique en croissance comptant plusieurs cibles potentielles riches de synergies. L’objectif est ainsi de constituer un groupe, appelé à devenir un acteur significatif de son marché.

Le fonctionnement inhérent au SPAC permet aux fondateurs d’obtenir un financement sur le marché. Les investisseurs qui apportent leurs fonds au projet sont totalement sécurisés jusqu’à la première acquisition opérée. En effet, si le SPAC ne réalise pas l’IBC dans le délai imparti, les investisseurs récupèrent intégralement leur mise puisque les fonds levés auprès d’eux sont entre-temps placés sur un compte séquestre. De même, si une IBC est intervenue dans le délai précité et les investisseurs ne sont pas convaincus par cette première acquisition, ils peuvent demander le rachat de leurs actions et en être également intégralement remboursés : ainsi, leur risque initial est nul. De la réalisation de l’IBC résulte le « despacking » : le SPAC devient alors une société cotée « classique ».

"Un SPAC est une société cotée, créée par un ou plusieurs fondateurs, afin de réaliser des opérations de croissance externe"

S’ils explosent aux États-Unis, les SPACs sont encore très rares en France. Comment expliquer ces disparités ?

Le développement des SPACs s’est accéléré aux États-Unis, essentiellement dans trois secteurs : la technologie, la finance et l’énergie. Le SPAC est, pour les investisseurs, un outil très attractif sur les marchés répondant aux critères décrits. En France, le modèle n’est pas moins attractif mais n’a pourtant été mis en place qu’à deux reprises à ce jour (Mediawan et 2MX Organic).

On peut d’abord l’expliquer par des raisons techniques : le régime juridique des actions stipulées rachetables, essentielles dans le cadre d’un SPAC puisque celles-ci permettent d’assurer la sécurité des investisseurs, n’a été précisé qu’en 2014. On peut l’expliquer aussi par la nouveauté du modèle en France. D’autres exemples suivront bientôt, nous n’en doutons pas. La création d’un SPAC suppose toutefois la réunion de ces trois principaux éléments : le savoir-faire et le talent de ses fondateurs, un secteur en croissance, et un financement sur le marché.

Les SPACs constituent-ils un phénomène cyclique ?

Nous ne le pensons pas. Plus exactement, nous pensons que les SPACs pourront durablement rester un outil idéal afin de réaliser des synergies sur des marchés répondant aux critères indiqués. Il reste toutefois essentiel que les fondateurs disposent de l’expérience, du savoir-faire et de l’aura nécessaires pour mener à bon port ce type de véhicules.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Deals de l'année : les opérations qui ont marqué 2021

Deals de l'année : les opérations qui ont marqué 2021

Qu'elles prennent la forme de rachats, de fusions, d'IPO ou de levées de fonds, les opérations sélectionnées dans ce dossier racontent une période de...

Altarea Primonial : le nouvel ensemble immobilier

Altarea Primonial : le nouvel ensemble immobilier

Juin 2021, coup de tonnerre, le géant Altarea annonce l’entrée en négociations exclusives avec les actionnaires de l’ogre Primonial. L’ambition est cl...

Cegid : le crack dont les Américains se toquent

Cegid : le crack dont les Américains se toquent

Cet été, le fonds new-yorkais KKR prenait une participation dans l’éditeur de logiciels lyonnais, sur la base d’une valorisation de 5,5 milliards d’eu...

F. Chauviré (SAP) : "La croissance du cloud en France est supérieure à celle de l’Allemagne "

F. Chauviré (SAP) : "La croissance du cloud en France est supérieure à celle de l’Allemagne "

Directeur général de SAP France depuis le début de l’année 2020, Frédéric Chauviré revient sur sa feuille de route et les grands chantiers de SAP en F...

Marché du M&A : bilan d'une année folle

Marché du M&A : bilan d'une année folle

Le marché des fusions-acquisitions n’a jamais été aussi florissant que depuis le deuxième semestre 2020. Même si ce dynamisme peut paraître incongru d...

Une étude décode les impacts de l’IA en médecine

Une étude décode les impacts de l’IA en médecine

Des économies de plus d'un milliard d'euros par an, des procédures techniques réduites de 90%, des délais de dépistage divisés par deux ou encore une...

Gérald Karsenti (SAP) : "Nous voulons recruter 3000 experts SAP sur les trois prochaines années"

Gérald Karsenti (SAP) : "Nous voulons recruter 3000 experts SAP sur les trois prochaines années"

À la tête de la filiale française du géant allemand SAP, le spécialiste de l’ERP, Gérald Karsenti revient sur le plan d’investissement et de dépenses...

Y.Le Gélard (Engie) : "Ce qui tire le digital dans l’énergie aujourd’hui, c’est le temps réel donc l’IoT"

Y.Le Gélard (Engie) : "Ce qui tire le digital dans l’énergie aujourd’hui, c’est le temps réel donc l...

En charge du digital et des systèmes d’information du groupe Engie, Yves Le Gélard revient sur les effets de la crise sanitaire, la stratégie multi-cl...

Lire plus d'actualités

Newsletter savoir pour agir

N'avancez plus à l'aveugle

Ne plus afficher ce message

Ce site utilise des cookies. En continuant la navigation, vous acceptez nos conditions d'utilisation des cookies.
Plus d'informations

J'accepte