L’héritier
Dominique de Villepin a marqué l’ouverture du procès Clearstream de son empreinte. Auteur d’une tirade digne de Mirabeau aux États Généraux de 1789, l’ancien premier ministre entend prendre sa revanche sur celui qui a été son ministre de l’Économie et des Finances.
Mais, au-delà de cet optimisme de circonstance, l’ex-bras droit de Jacques Chirac peut-il réellement sortir renforcé de ce tourbillon médiatico-judiciaire ?
Présenté comme l’arroseur arrosé dans une sombre affaire de dénonciation calomnieuse, Dominique de Villepin aura fort à faire pour exister face à une pléiade de parties civiles parmi lesquelles figurent, entre autres, Brice Hortefeux, Jean-Pierre Chevènement, Charles Pasqua, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy. Un panel qui ne laisse guère planer de doute quant à la nature éminemment politique du procès.
Les derniers jours d’un condamné
Dès 2004, le futur président de la République déclarait que le falsificateur « finirait sur un croc de boucher  ». Et comme Nicolas Sarkozy aime le préciser : « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais ». L’objectif poursuivi par le chef de l’État est clair : abattre celui qui fut son premier adversaire pour accéder à la magistrature suprême.
La condamnation judiciaire de Dominique de Villepin paraît peu probable, compte tenu de l’opacité des faits qui lui sont reprochés. Sa vie d’homme d’État, en revanche, s’écrit désormais au passé. Seule incertitude, la nature de la sanction politique, qui oscille encore entre exil et peine capitale.
Une tradition républicaine perpétuée
En évinçant Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy s’impose comme le véritable héritier de Jacques Chirac. Pour accéder aux plus hautes fonctions régaliennes, l’ancien président n’a pas hésité à accrocher Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d’Estaing et Edouard Balladur à son tableau de chasse. Une combativité qui fait la force des derniers Présidents de la Ve République (François Mitterrand n’a-t-il pas isolé Michel Rocard ?) et qui coule manifestement dans les veines de Nicolas Sarkozy. À quelques nuances près…
Les batailles rangées à l’abri des officines ministérielles appartiennent désormais au passé. En maintenant sa plainte avec constitution de partie civile, Nicolas Sarkozy entend porter le combat sur la place publique. Figure de proue d’une présidence décomplexée, Nicolas Sarkozy n’a que faire des critiques. Celles-ci ne durent qu’un temps. Quand la victoire sur l’adversaire, elle, est éternelle.
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