Transmission d’entreprises : les PME et TPE en mal de financement

Le médiateur national du crédit Fabrice Pesin a remis au début du mois de décembre au ministre Michel Sapin et à la secrétaire d'État Martine Pinville son rapport sur le financement de la transmission des PME et TPE.

Le médiateur national du crédit Fabrice Pesin a remis au début du mois de décembre au ministre Michel Sapin et à la secrétaire d'État Martine Pinville son rapport sur le financement de la transmission des PME et TPE.

Sur les dix prochaines années, la transmission d'entreprise devrait concerner plus de 600 000 d'entre elles. Soit une part non négligeable des quelque trois millions d’entreprises non agricoles que compte l’Hexagone.

 

Constat positif

Le médiateur du crédit s’est penché ce mois-ci sur le financement de la reprise d’entreprise : son rapport, s’il ne fait pas état de difficultés générales quant au financement, souligne toutefois quelques difficultés. Celles-ci sont étroitement liées aux caractéristiques de l’entreprise cédée – une PME ou une TPE aura plus de mal à se financer qu’une grande entreprise – ainsi qu’au profil du repreneur. Quel que soit le type d’entreprise, les sources de financement sont similaires. Dans plus de 80 % des cas, les repreneurs mobilisent un apport personnel pour financer cette reprise. Le financement bancaire est aussi une source « quasi-systématique » de fonds selon le rapport, qui souligne le recours à des moyens alternatifs : crédit-vendeur, apports des fournisseurs, prêts d’honneur, aides publiques, capital-transmission ou encore financement participatif.

 

« Pour les banques, le risque attaché à ce financement est important : la visibilité est limitée, l’appréciation du repreneur est incertaine, de même que la stratégie qu’il mettra en place »

Banques frileuses

Le médiateur souligne cependant une certaine frilosité de la part des partenaires bancaires : « Pour les banques, le risque attaché à ce financement est important : la visibilité est limitée, l’appréciation du repreneur est incertaine, de même que la stratégie qu’il mettra en place », écrit-il dans son rapport. Pour cette raison, la banque sera plus sévère à l’égard d’un repreneur que d’un créateur, étudiant attentivement son profil et son plan de financement. Le rapport note qu’un repreneur ayant une forte implication financière aura de plus fortes chances d’avoir le soutien de sa banque, qui sera également susceptible de lui demander de solides garanties : nantissement du fonds de commerce ou des titres de la société, garanties de BPIFrance ou d’une société de caution mutuelle, souscriptions d’assurances décès-invalidité pour les hommes-clés de l’entreprise, convention de garantie actif-passif…

 

Facteurs de succès

Pour obtenir les financements nécessaires, le médiateur a dressé une liste de conseils et propositions. Pour les repreneurs, il insiste notamment sur la nécessité d’être accompagné, afin de déterminer le prix d’achat mais aussi pour préparer le montage financier de l’opération. Pour les pouvoirs publics, il conseille un meilleur référencement des intervenants en fonds propres existants, qui ne sont pas toujours bien connus des entreprises, ainsi que la mise en place d’un tableau de bord national permettant de suivre l’ensemble des financements consacrés aux transmissions et donc de mieux percevoir les conditions d’accès des repreneurs à ces fonds.

 

CP

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