Cent cinquante millions de dollars, c’est le montant levé par la star du paiement en ligne, Stripe, qui voit entrer à son capital des mastodontes tels que CapitalG, Sequoia Capital et General Catalyst Partners. Un nouveau coup de maître pour les fondateurs et jeunes frères Collison qui semblent avoir de beaux jours devant eux.

Le mois de novembre rime cette année avec folie des grandeurs dans le secteur de la Tech. Les montants investis dans cet écosystème de start-up se comptent en millions. En France, on a pu recenser des records avec l’opérateur télécom pour l’IoT, Sigfox, qui a levé 150 millions d’euros, ou l’étoile montante de l’ingénierie acoustique, Devialet, qui a attiré cent millions d’euros d’investissement. Mais s’il y a bien un domaine qui aimante l’argent au niveau mondial, c’est celui de la finance. Ce mois-ci, le champion s’appelle Stripe. Le spécialiste du paiement à destination des e-commerçants a levé 150 millions de dollars, faisant de son cofondateur, John Collison, le plus jeune autodidacte milliardaire au monde à seulement 26 ans. Le tour de table a été suivi par des noms qui en feraient rougir plus d’un : CapitalG, General Catalyst Partners ou encore Sequoia Capital. Si le monde de la FinTech est réputé pour brasser beaucoup d’argent, la concurrence est rude et le tour de force réalisé par Stripe est d’autant plus impressionnant que la start-up n’en est pas à son premier coup de maître. En février 2012, elle avait levé cent millions de dollars, portant sa valorisation à cinq milliards de dollars en juillet 2015. Cette dernière en représente aujourd’hui 9,2.

 

Les ingrédients de la recette

Si l’ambition du jeune John Collison et de son frère Patrick, avec qui il a cofondé l’entreprise, est à la hauteur des montants investis dans sa start-up, les ingrédients de base font de la recette Stripe un succès. Il suffit ainsi de quelques clics à un acteur du secteur du e-commerce pour qu’il puisse mettre en place sa solution de paiement sur son site internet, sa marketplace ou ses applications mobiles. Une facilité d’utilisation qui permet à la jeune entreprise de devancer les acteurs traditionnels des solutions de paiement en ligne. Elle serait déjà utilisée aujourd’hui par la moitié des internautes aux États-Unis. Les deux jeunes fondateurs espèrent surfer sur la vague montante du commerce en ligne, encore à l’état embryonnaire avec seulement 5 % des achats effectués online dans le monde. Un chiffre étonnamment faible vu le développement faramineux du marché du Web. C’est justement ce qui a poussé les fondateurs de Stripe à accélérer. Selon son DG France et Europe du Sud, Guillaume Princen, si la licorne s’est récemment attaquée au marché français, c’est parce qu’ils veulent « résoudre ce problème et apporter aux entrepreneurs français les outils pour les faire basculer des achats dans le monde physique vers les achats en ligne ou sur mobile ». L’ambition de la start-up est donc de servir la nouvelle génération d’entrepreneurs qui souhaitent innover.

 

Un objectif qui n’est pas nouveau dans un univers où une multitude de solutions de paiement existent déjà. Mais les entrepreneurs rencontrent d’autres problèmes lorsqu’ils montent leur entreprise sur Internet : la fraude, la conversion sur mobile mais aussi entre les devises, la facturation, l’expansion à l’international... En levant 150 millions de dollars, Stripe veut se faire l’interlocuteur privilégié des startuppers face à ces difficultés en développant des services comme Radar, qui détecte les paiements frauduleux. Des solutions qui permettront aux frères Collison de faire face à la concurrence exacerbée d’acteurs comme Braintree, Adye, ou Square, qui ont dans leur clientèle des grands noms comme Uber, Airbnb et Netflix.

 

Marion Robert

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