#Start up Corner# avec Challenging Solutions

Challenging Solutions: Quel fonds financera le fauteuil roulant de demain?

Challenging Solutions: Quel fonds financera le fauteuil roulant de demain?

Décideurs. Qui êtes-vous Ernesto,Wesley et Astrid ?

 

Ernesto Diaz Flores. Je suis quelqu’un qui aime résoudre des problèmes qui ont un fort impact sur la vie des gens ! J’aime entreprendre et trouver des solutions. J’ai déjà participé au développement d’une technologie d’imagerie médicale : Chemitouch. J’ai grandi à Aranjuez, près de Madrid avant de m’envoler pour San Francisco et réaliser un de mes rêves : effectuer un post-doctorat en recherche médicale sur la leucémie. Grâce à mes travaux, j’y suis devenu assistant professeur. Je suis aussi un grand sportif, amateur de danse et de photographie.

 

Wesley Siebenthal. Je suis un bricoleur et un grand rêveur. De formation ingénieur mécanique/mécatronique, j’ai travaillé pendant treize ans dans les secteurs aérospatial et médical et notamment au sein du laboratoire des innovations de la Nasa.

 

Astrid Collonnier. Fraîchement diplômée (Master EM-Lyon grande école, et droit à la Sorbonne), je me dédiais aux métiers de financement mais j’ai décidé en mars dernier de me consacrer à temps plein à Challenging Solutions. Tout construire à partir de zéro est très stimulant. Le secteur de la santé, et notamment celui des équipements, médicaux constitue un secteur complexe. Il vous donne parfois la sensation de gravir une montagne qui grossit chaque jour. Mais nous sommes trois grands tenaces pour faire avancer le projet que ce soit à San Francisco ou à Paris.

 

Décideurs. Comment est née lidée de Challenging Solutions ?

 

E. D. F. En me retrouvant moi-même dans un fauteuil roulant, le temps de quelques mois et en me rendant compte qu’il m’était impossible de faire quoique ce soit : attraper des affaires en hauteur dans mon laboratoire, aller boire un verre, parler aux gens. Tout devenait très compliqué et désespérant. J’ai donc eu l’idée d’un nouvel appareil de mobilité bien plus fonctionnel pour aider ceux qui vivent en fauteuil. J'ai mûri cette idée pendant près de dix ans.

 

W. S. J’ai adhéré à l’idée d’Ernesto car j’ai moi aussi vécu l’expérience du fauteuil roulant. Ma mère aussi a utilisé quotidiennement un appareil de mobilité pendant un an. J’ai donc pu me rendre compte des désagréments quotidiens que rencontrent les utilisateurs. Je suis convaincu de la nécessité d’un tel appareil.

 

A . C. Ce qui me plaisait, c’était aussi l’idée de faire évoluer le marché actuel des fauteuils roulants. Que les utilisateurs deviennent les véritables acteurs de ce marché en leur offrant des appareils design utilisant les nouvelles technologies digitales et leur donne plus d'autonomie tout en leur permettant d’entretenir un lien direct avec leur fabricant. J'estime que cela répond à une véritable attente.

 

Décideurs. Quelle est votre « challenging »  Solution ?

 

W. S. C’est un fauteuil qui a été conçu selon les besoins quotidiens de la jeune génération : être totalement indépendant, utiliser les technologies actuelles et que l’appareil soit rapide ! Il n’a d’ailleurs plus l’apparence d’un fauteuil classique. Il s’adresse à toute personne ayant une mobilité réduite ou étant paralysée (mais qui garde l’usage d’un bras et d’une main.

 

E. D. F. Son véritable atout est qu’il engendre une économie de coût pour l’utilisateur et les régimes de santé. Aucun besoin de réadapter ses équipements ou ses pièces à vivre à la hauteur et à la largeur d’un fauteuil standard par exemple, car notre solution permet de positionner la personne à hauteur du mobilier. Il évite aussi les complications de santé liées à une position assise permanente et diminue le temps passé à l’hôpital pour réapprendre à vivre avec son fauteuil après un accident.

 

Décideurs. Comment avez-vous financé votre projet ?

 

E. D. F. Nous avons déposé une petite mise de départ mais nous avons surtout bénéficié d’une aide précieuse des universités à San Francisco (UC Hastings Law School pour le dépôt d’un brevet, Stanford, Allan Hancock College pour la construction d’un premier prototype réel).

 

A.C.  Maintenant, nous sommes en pleine recherche d’investissements qui nous permettront de gravir la prochaine marche : finir le développement de l’appareil et obtenir toutes les certifications techniques et médicales nécessaires. Les États-Unis restent le plus gros marché mais l’Europe est à la pointe dans le développement d’innovations sociales et de soins pour le bien-être des gens. À ce titre, nous nous rapprochons d'investisseurs au Royaume-Uni et en France. Nous avons été sélectionnés par le programme du gouvernement britannique « Entrepreneur » pour être aidés dans cette voie.

 

Décideurs. Quel est votre meilleur souvenir dans ce projet jusqu’à aujourdhui?

 

E. D. F.Nos petits succès, par exemple recevoir l’Award de Healthcare Design de Stanford était un moment très appréciable. Ils donnent sens à ce que l’on fait et nous rapprochent de l’aboutissement final ! 

 

W. S. De loin, le jour où nous avons testé le premier prototype de notre fauteuil dans un parc et qu’il avançait commandé à distance. C’est un peu comme voir un enfant marcher pour la première fois.

 

A.C. J’ai fait de très belles rencontres en lien avec ce projet : mes associés d’abord, de jeunes utilisateurs et des scientifiques de renom, notamment le professeur Wafa Skalli qui dirige le laboratoire de biomécanique George Charpak de l’École des Arts et Métiers à Paris. Ou encore Sam Bakri, un serial entrepreneur  britannique réceptif et réactif.

 

Décideurs. Que peut-on vous souhaiter pour lavenir?

 

A. C. À court terme, une levée de fonds réussie en Europe et des partenaires enthousiastes pour nous accompagner, comme les missions Handicap au sein de certaines sociétés françaises, les assurances et aussi les grandes surfaces (grande distribution et centres commerciaux).

 

E. D. F.Sur le long terme, d’aller encore plus loin dans la création d’accessoires et d’autres appareils utiles pour aider les grands tétraplégiques par exemple. Ce ne sont pas les idées qui manquent ! Nous souhaitons que cet appareil puisse participer à une meilleure acceptation du handicap moteur par la société.

 

Propos recueillis et traduits par Camille Drieu

 

Challenging Solutions en Chiffres :

3 cofondateurs

Un marché mondial estimé à $4Mrds en 2020

$50M de revenus estimés à horizon 5 ans de vente.

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