« Rivaliser avec les fonds anglo-saxons »

Grâce à une nouvelle levée de 400 millions d’euros, Partech Ventures triple ses capacités d’investissement. Avec près d’un milliard d’euros levés et 110 opérations réalisées en seulement un an et demi, le fonds peut désormais rivaliser avec les grands acteurs anglo-saxons. Philippe Collombel et Jean-Marc Patouillaud, les deux partners historiques, reviennent sur leurs ambitions et leur vision du marché européen du capital venture.
Philippe Collombel et Jean-Marc Patouillaud, managing partners, Partech Ventures

Grâce à une nouvelle levée de 400 millions d’euros, Partech Ventures triple ses capacités d’investissement. Avec près d’un milliard d’euros levés et 110 opérations réalisées en seulement un an et demi, le fonds peut désormais rivaliser avec les grands acteurs anglo-saxons. Philippe Collombel et Jean-Marc Patouillaud, les deux partners historiques, reviennent sur leurs ambitions et leur vision du marché européen du capital venture.

Décideurs. Cette nouvelle levée de fonds va-t-elle modifier votre façon de travailler ?

Philippe Collombel. Non, nous restons un fonds de capital venture. Notre modèle sera donc par définition toujours le même : nous accompagnons les start-up au fur et à mesure de leur développement. Le montant levé nous permettra néanmoins de réaliser plus d’opérations paneuropéennes et de rivaliser avec les fonds anglo-saxons. Cela nous laisse en effet la possibilité de passer la barre symbolique des vingt millions d’euros d’investissement. Nous pourrons également investir dans des sociétés plus matures qui ont déjà fait leurs preuves. Résultat, le ticket moyen va augmenter et devrait s’établir entre douze et quinze millions d’euros.

Jean-Marc Patouillaud. Du côté des ressources, nous avons bien sûr augmenté nos équipes avec l’arrivée de nouveaux partners, dont Reza Malekzadeh pour notre bureau de San Francisco et Olivier Schuepbach pour celui de Berlin.

 

Partech se positionne comme un fonds paneuropéen. Existe-t-il vraiment un marché européen du capital-investissement ?

J.-M. P. La réponse à votre question dépend de la phase de développement de la société. En « seed », nous restons effectivement encore sur la somme de marchés nationaux. En revanche, en ce qui concerne le « growth » et le « venture », nous sommes désormais sur des marchés internationaux. Il n’est ainsi pas rare de voir des fonds étrangers se positionner sur des start-up françaises et vice-versa. C’est une véritable opportunité pour les fonds et pour les sociétés car cela leur offre de nouveaux marchés. Récemment, nous avons par exemple été chef de file d’une société très en vue en Angleterre.

P. C. Ce qui freine l’essor d’un marché unique, c’est l’existence de réglementations distinctes d’un pays à un autre. À cela s’ajoutent, les barrières de la langue et de la culture. C’est ce qui fait défaut à l’Europe pour s’imposer comme un concurrent sérieux des États-Unis, qui reste le marché de référence en la matière. C’est pourquoi nous regardons avec intérêt ce qui s’y fait, ce n’est pas un hasard si, en moyenne, un tiers de nos investissements y sont réalisés.

 

« La qualité des entrepreneurs est en constante amélioration »

 

Que faudrait-il pour que l’Europe rattrape son retard ?

J.-M. P. La tech européenne est en pleine effervescence. Il faut saisir cette opportunité. On en parle peu mais c’est aussi un enjeu de souveraineté technologique. C’est pourquoi, l’harmonisation des réglementations au niveau de l’Union est un sujet clé. Malheureusement, cela ne changera pas du jour au lendemain. À nous, investisseurs, de travailler dur pour réussir à attirer les capitaux et sélectionner les pépites de demain. Nous sommes sur la bonne voie.

P. C. Un des points clés pour y arriver est l’accompagnement de nos start-up sur le marché américain. Car le fait de démarrer sur des marchés nationaux plus petits est aussi une chance : la concurrence y est moins forte. Une fois qu’elles ont trouvé la bonne formule, à nous de les aider à s’implanter aux États-Unis. Pour y arriver, nous travaillons de plus en plus en partenariat avec des fonds américains.

 

Quelle est selon-vous la principale force du marché français ?

P. C. Nous disposons d’un fort dynamisme entrepreneurial, appuyé par un soutien constant des pouvoirs publics. La qualité des entrepreneurs est ainsi en constante amélioration.

J.-M. P. Cela s’explique par deux facteurs. Le premier est l’éducation. Les formations en la matière sont beaucoup plus nombreuses et des entrepreneurs expérimentés ont pris le parti d’accompagner les nouvelles générations. Le deuxième est l’effet de sélection. Comme de plus en plus d’étudiants se tournent vers l’entrepreneuriat, nous pouvons sélectionner les meilleurs.

 

Propos recueillis par Vincent Paes

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