Numérique, concurrence et spécialisation : cap sur le notariat 2.0

La loi Macron a secoué les codes de la profession de notaire en accélérant un mouvement de renouveau de la profession. Les notaires de l'étude 14 Pyramides reviennent sur ce que sera le notaire de demain.

La loi Macron a secoué les codes de la profession de notaire en accélérant un mouvement de renouveau de la profession. Les notaires de l'étude 14 Pyramides reviennent sur ce que sera le notaire de demain.

Souvent perçue comme figée voire même « poussiéreuse », la profession de notaire connaît des temps mouvementés depuis l'adoption de la loi du 6 août 2015 ou « loi Macron », qui prévoit l'arrivée de 1 650 nouveaux notaires d'ici 2018, désignés par un très décrié tirage au sort. Mais là où un pan de la profession semble prendre peur face à cette néo-concurrence inhabituelle, d'autres offices, bien que critiques sur bien des aspects de la loi, y voient au contraire de nouvelles opportunités. Celles-ci découleraient d'un mouvement enclenché il y a de ça dix ans du fait d'une inflation juridique toujours plus importante et de l'intégration perpétuelle de nouveaux usages au secteur du bâtiment. À ce titre, Cyril Gibert et Louis Gourret, tous deux notaires associés de l'étude parisienne 14 Pyramides, sont formels : « auparavant basée sur un circuit d'actes, la profession de notaire a aujourd'hui la nécessité d'adopter une vraie politique tournée vers le client, la vraie raison d'exister pour une étude ».  Finie donc l'époque où le notaire se contentait de signer des actes touchant tour à tour à aux divorces, héritages et à l'immobilier. Si la loi Macron présente selon eux le gros défaut de marchandiser les professions juridiques, elle le mérite de pousser les offices à adopter une réelle logique de fonctionnement entrepreneurial, où chaque notaire se spécialise dans un domaine précis, accompagnant la complexification de la profession voulue par le marché. Les notaires de 14 Pyramides n'hésitent pas à comparer l'évolution de leur métier à celui du chirurgien, qui jadis habilité à opérer sur l'ensemble du corps humain, se consacre aujourd'hui au genou ou encore au cerveau. En somme une vraie offre de service notariale qui ne doit pas pour autant laisser de côté son positionnement de service public. Comment concilier tout ça ? Par la taille, répond Cyril Gibert. Hyper-spécialisé, technicien et homme de réseaux, le portrait-robot du notaire de demain commence se dessine tous les jours un peu plus précisément.

 

Boris Beltran

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