Nicolas Boyer (OVH) : « Il faut avoir une vision, mais sans que celle-ci devienne figeante pour l’entreprise »

Nicolas Boyer est un de ces jeunes DAF dynamiques dont la profession peut être fière. Rencontre avec un trentenaire talentueux.
DAF, OVH

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Nicolas Boyer est un de ces jeunes DAF dynamiques dont la profession peut être fière. Rencontre avec un trentenaire talentueux.

Décideurs. Une direction financière d’une entreprise en forte croissance n’est assurément pas organisée comme celle d’une entreprise établie depuis de nombreuses années. Quel est votre vision, votre objectif pour la DAF d’OVH ?

Nicolas Boyer. Dans une entreprise en croissance, la direction financière est nécessairement un business partner. La tendance générale pour un financier est de dire « structurons, puis développons ». Chez nous, c’est l’inverse ! On développe et on structure ensuite. La direction financière s’assure ainsi que l’entreprise dispose des outils qui lui permettent de fonctionner. Nous devons identifier les besoins pour aller encore plus vite. Je m’inscris en permanence dans une culture du compromis et dans une optique de « nice to have » et de « must have ». Cela ne sert à rien d’imposer quoi que ce soit, ça ne marcherait pas.

 

Décideurs. Qu’est-ce qui vous marque le plus dans votre fonctionnement par rapport à une direction financière d’une entreprise classique ?

N. B. Une chose qui diffère est la rapidité d’exécution. Nous nous trouvons dans un marché qui évolue de 30 % par an. Les développements sont colossaux et très rapides. Avoir un plan d’action à un an stable, c’est impossible. Il faut organiser les équipes, le management. Il ne faut surtout pas se limiter aux compétences et à la technique. Il y a d’autres points à prendre en compte : la flexibilité, l’adaptabilité, la question du changement. Dans notre environnement, un projet peut commencer et s’arrêter brutalement. Il faut avoir une vision, mais sans que celle-ci devienne figeante pour l’entreprise.

 

Décideurs. Comment avez-vous bâti votre direction financière ?

N. B. Quand je suis arrivé, nous n’étions que trois. Il a donc fallu tout structurer. En premier lieu, le contrôle de gestion. Puis, renforcer l’équipe comptable pour réaliser des clôtures mensuelles. Ensuite, nous avons entrepris une refonte du système d’information. Enfin, sont rapidement arrivées les questions de financement, de trésorerie, etc. Nous étions une trentaine en 2015, nous serons une quarantaine en 2016. La clé dans le recrutement et le développement d’une équipe, c’est de savoir embaucher des collaborateurs meilleurs que soi, ouverts d’esprit. Ils seront ainsi capables de grandir aussi vite que l’entreprise.

 

Décideurs. Quelles sont les qualités d’un bon DAF selon vous ?

N. B. C’est quelqu’un qui s’avère avant tout ouvert sur son environnement et sur les autres fonctions de l’entreprise. Il doit le comprendre, l’appréhender, tout en assurant le quotidien. C’est un peu le gardien du temple. Le DAF doit permettre de déployer les bons outils et d’offrir de la visibilité à tous. Il doit véhiculer, enfin, un certain nombre de messages auprès des financeurs pour démontrer toute la qualité du message.

 

Décideurs. Comment envisagez-vous vos prochaines années chez OVH ? 

N. B. On sera entre 5 000 et 10 000 collaborateurs. L’entreprise se trouvera encore plus présente en Asie, en Amérique du Nord et aura recentré son centre décisionnel. Nous serons un peu moins européens, mais plus globaux. OVH aura des problématiques différentes en matière de fiscalité, de R&D, etc. Nous aurons conquis de nouveaux grands comptes et ferons face à de nouveaux enjeux. Aujourd’hui, nous ne sommes plus une start-up mais nous adorons cet état d’esprit. Nous voulons le garder. On continuera à être innovant et dynamique.

 

Propos recueillis par Mathieu Marcinkiewicz

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