Najat Vallaud-Belkacem : « 120 000 étudiants bénéficient de formations à l’entrepreneuriat »

L’innovation est au cœur d’écosystèmes où se côtoient entrepreneurs, chercheurs, enseignants et institutionnels. Najat Vallaud-Belkacem revient sur les leviers mis en place par le gouvernement pour encourager la recherche, favoriser l’innovation et faire en sorte qu’elle soit déployée sur le marché.

L’innovation est au cœur d’écosystèmes où se côtoient entrepreneurs, chercheurs, enseignants et institutionnels. Najat Vallaud-Belkacem revient sur les leviers mis en place par le gouvernement pour encourager la recherche, favoriser l’innovation et faire en sorte qu’elle soit déployée sur le marché.

Quelle est la place accordée à l’innovation dans l’éducation ?

L'innovation a toujours eu sa place au sein de l'école, mais elle n’a pas toujours été valorisée et encouragée. Aujourd’hui, les initiatives portées par des enseignants sont mieux repérées et évaluées pour mieux les diffuser. Ces innovations qui bénéficient à tous les élèves alimentent le sens des réformes conduites par le ministère. Ainsi, la réforme du collège s’inspire de projets portés autour du travail collaboratif, de la conduite de projets, de l'interdisciplinarité. J’ai enfin voulu donner toute sa place à la recherche dans l’accompagnement de l’innovation à travers des projets qui réunissent chercheurs et enseignants au sein des instituts Carnot de l’éducation.

 

Autour des SATT et du label Carnot, quel bilan tirez-vous des projets destinés à développer les partenariats public-privé autour de la recherche fondamentale ?

Après quatre années d’existence, on peut tirer un bilan très encourageant de l’action des SATT : plus de 170 millions d’euros ont été investis dans les laboratoires et 1 500 inventions protégées, ce qui a conduit à près de 400 licences avec des entreprises. Quant au label Carnot, le bilan est là aussi très positif. En 2015, les 34 instituts Carnot labellisés ont représenté 458 millions d’euros de contrats de recherche financés par les entreprises, soit 55 % du total français, avec une croissance de plus de 50 % depuis 2010.

                                      

Comment comptez-vous encourager les excellents mathématiciens et ingénieurs français à se muer davantage en entrepreneurs ? 

Aujourd’hui, 120 000 étudiants de toutes les disciplines bénéficient de formations à l’entrepreneuriat. Au-delà, nous avons légitimé la démarche d’entrepreneuriat en créant le statut étudiant-entrepreneur qui offre une protection sociale. Les incubateurs de la recherche publique et les pôles Pépite maillent le territoire pour les accompagner. Plus spécifiquement, sur les mathématiques, nous avons soutenu la création du Tremplin Carnot Smiles, qui encourage à l’interaction avec les entreprises. Enfin, nous finançons plus de soixante conventions Cifre en mathématiques par an, qui permettent à des doctorants de faire leur thèse en lien avec une entreprise.

 

« Le taux d'équipement numérique des élèves en France est parfaitement dans la moyenne des pays de l'OCDE »

 

Comment expliquer le fait que la France soit en retard dans l’utilisation du numérique à l’école ? Comment y remédier ?   

En retard par rapport à qui ? Si l'on regarde le taux d'équipement des élèves, celui-ci est parfaitement dans la moyenne des pays de l'OCDE et je salue la cohérence de notre stratégie numérique, qui, au contraire de nombreux pays, a donné toute son importance à la formation initiale et continue des enseignants, au développement de ressources numériques et à l'enrichissement de nos programmes scolaires avec l'introduction du code et de l'algorithmique dès le CM1, l'éducation aux médias et à l'information.

 

Avec le développement de sites internet comme « bonnenote.fr », n’y a-t-il pas un risque de marchandisation du système éducatif ?

Je partage le sentiment des syndicats lycéens qui dénoncent un « Uber des devoirs ». Pour ce qui est du collège et du lycée, j’en appelle en premier lieu à la responsabilité des parents d’élèves pour qu’ils ne paient pas ce genre de prestation qui va à l’encontre des valeurs que l’on doit partager à l’école, le goût du travail, le goût d’apprendre. Je mets aussi en garde les étudiants, il existe des logiciels performants anti-plagiat. Et, soyons très clairs, ce n’est pas en contournant ses obligations scolaires ou universitaires que l’on réussit lors des examens terminaux et qu’on obtient de bons résultats.

  

L’école telle qu’elle existe n’est-elle pas vouée à disparaître au profit d’un apprentissage des connaissances 100 % numérique ? 

Le numérique ne fait pas disparaître l'école, encore moins les enseignants ! C’est un outil au service des enseignants et des élèves, utile au service de la pédagogie, de la connaissance et du savoir.

 

Propos recueillis par Marion Robert 

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