Le premier soutien

Propulsé ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand aura en charge la délicate question de la fracture territoriale ainsi que le logement. Une récompense pour celui qui fut le rapporteur de la loi Macron et l'un des premiers « marcheurs ».

© Maxppp / Thomas Padilla

Propulsé ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand aura en charge la délicate question de la fracture territoriale ainsi que le logement. Une récompense pour celui qui fut le rapporteur de la loi Macron et l'un des premiers « marcheurs ».

« Cadre du secteur privé » selon le site internet de l'Assemblée nationale, l'Aveyronnais de 54 ans est de ces profils ayant navigué entre société civile et vie politique dont raffole tant le nouveau président de la République. Tour à tour journaliste, patron d'une agence de graphisme, fondateur d'un cabinet de conseil en communication et même directeur général de Mutuelles de Bretagne, ce père de trois enfants présente un CV éclectique des plus garnis. Pour autant, Richard Ferrand n'est pas de ceux qui embrassent une carrière politique sans jamais avoir manifesté d'intérêt préalable : adhérent au parti socialiste dès 1980, année de sa majorité, il commence réellement sa carrière publique onze ans plus tard lorsqu'il rejoint en qualité de conseiller spécial le cabinet de Kofi Yamgnane, alors secrétaire d'État aux Affaires sociales et à l'Intégration. En 1998, il se soumet pour la première fois au suffrage universel. Un succès, puisqu'il entame son premier mandat en tant que conseiller général du canton de Carhaix, dans le Finistère. Le début d'une carrière qui le mènera jusqu'au Palais Bourbon en 2012, lorsqu'il devient député de la 6ème circonscription du Finistère.

 

D'assureur à marcheur

Après deux ans à s'imprégner du système parlementaire français, il fait la connaissance d'Emmanuel Macron qui vient tout juste de remplacer Arnaud Montebourg au ministère de l'Économie. Pas forcément réunis sur les meilleures bases, le député suspectant le néo-ministre de vouloir détricoter les services publics, le futur Président lui confie cependant un rapport sur les professions réglementées, brique de base de la future « loi Macron » dont il sera tout naturellement le rapporteur. Un lien se crée alors entre les deux hommes, puisque Richard Ferrand est le premier parlementaire à rejoindre En Marche ! dès sa création. En tant que secrétaire général, il sera l'un des architectes d'un mouvement capable en moins d'une année de mettre en échec des machines politiques huilées et installées depuis des décennies.

 

Une polémique avant même la prise de fonction

« Le logement a un ministre de plein exercice, c'est moi ! » Richard Ferrand a tenu à remettre les pendules à l'heure au moment de la passation de pouvoir avec Emmanuelle Cosse, alors que la polémique enflait déjà sur l'oubli du logement au sein du nouveau gouvernement. C'est donc sous la casquette de la Cohésion des territoires que ce portefeuille de trente-quatre milliards d'euros (budget 2017) sera géré. Un regroupement logique, selon lui, car « il va de soi que la politique de la ville, le logement, l'aménagement du territoire... tout cela se devait d'être ensemble pour que l'action publique soit plus efficace ». Le nouveau ministre hérite d'une situation « apaisée et favorable » selon son prédécesseur. La tâche ne sera pour autant pas aisée, le ministre ayant à gérer les deux promesses du candidat de supprimer la taxe d'habitation pour 80 % des ménages et de transformer l'ISF en « impôt sur la fortune immobilière », le tout sur un fond de reprise fragile de la filière. À l'échelle territoriale, pas de promesse précise mais une ambition réaffirmée par le Président au lendemain de son élection : « Dans les zones moins tendues, l’enjeu principal est la rénovation pour revitaliser les centres-ville, éviter l’étalement urbain, réduire les charges des personnes aux revenus modestes, et répondre au défi de la transition écologique. » En somme, gommer la fracture territoriale. Rien que ça ! Grand fumeur, Richard Ferrand remettra sans doute à plus tard l'arrêt de la cigarette.


Boris Beltran

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Francis Charhon (Scala Patrimoine) : « Nous sommes entrés dans l’ère d’une philanthropie moderne »

Francis Charhon (Scala Patrimoine) : « Nous sommes entrés dans l’ère d’une philanthropie moderne »

Ancien président de Médecins sans frontières, directeur général de la Fondation de France pendant près de 25 ans et créateur du Centre français des fo...

European Camping Group valorisé 730 M€ par Ontario Teachers

European Camping Group valorisé 730 M€ par Ontario Teachers

Le fonds de pension canadien se fait une place au capital de l’hôtelier en plein air. Carlyle et Montefiore demeurent majoritaires.

Paul Hasting s’installe en Californie

Paul Hasting s’installe en Californie

La firme internationale ouvre un bureau à Los Angeles grâce au recrutement d’une équipe de cinq associés en provenance de Loeb & Loeb.

DS Avocats signe une nouvelle alliance sud-américaine

DS Avocats signe une nouvelle alliance sud-américaine

Le cabinet français parfait son réseau international DS en y intégrant un nouveau membre : le cabinet colombien Macías Gómez & Asociados.

Record des transferts d’argent vers les pays pauvres en 2017

Record des transferts d’argent vers les pays pauvres en 2017

Le montant des fonds que les pays à revenus faibles ou moyens ont reçus l’an passé a atteint un niveau record avec 466 milliards de dollars contre 429...

Économie circulaire : le gouvernement présente sa stratégie

Économie circulaire : le gouvernement présente sa stratégie

Edouard Philippe a dévoilé la feuille de route du gouvernement visant à développer l’économie circulaire. Cette démarche s’inscrit dans la politique d...

Oncologie : Servier débourse 2,4 MD$ pour la filiale de Shire

Oncologie : Servier débourse 2,4 MD$ pour la filiale de Shire

S’il complète son portefeuille de médicaments contre les maladies rares, le pharma tricolore paie cher l’addition : près de dix fois les revenus de la...

ADP s’offre l’aéroport d’Amman

ADP s’offre l’aéroport d’Amman

ADP grimpe à 51 % du capital du concessionnaire de l’aéroport de la capitale jordanienne, la principale porte d’entrée vers les sites de Petra et de l...

Lire plus d'actualités
s'abonner

Nous ne commercialisons pas vos adresses mail à un tiers.
Nous conservons vos informations personnelles afin de vous adresser les contenus et services que vous avez demandés.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, simplement et rapidement.

Ne plus afficher ce message