La 5G au pas de course

Le plus grand salon de l’industrie de la téléphonie mobile, le Mobile World Congress, s’est achevé à Barcelone le 2 mars dernier. Outre le retour du célèbre 3310 de Nokia, la 5G s’est imposée comme le grand sujet de l’événement en s’invitant sur tous les stands.

Le plus grand salon de l’industrie de la téléphonie mobile, le Mobile World Congress, s’est achevé à Barcelone le 2 mars dernier. Outre le retour du célèbre 3310 de Nokia, la 5G s’est imposée comme le grand sujet de l’événement en s’invitant sur tous les stands.

Finie la 4G ! La 5G est désormais au cœur de toutes les attentions. Lors du congrès mondial de la téléphonie mobile 2017, opérateurs télécoms, équipementiers et fabricants de semi-conducteurs affichent tous des références à cette nouvelle technologie. Pour Stephen Mollenkoft, CEO de Qualcomm, « la 5G aura un impact similaire à l’introduction de l’électricité ou de l’automobile, touchant l’ensemble de l’économie et bénéficiant aux sociétés tout entières ». La 5e génération de système Internet sans fil représente ainsi un enjeu majeur dans la course à l’innovation dans un monde toujours plus connecté.

 

Vers un bouleversement de l’économie

Dans une étude réalisée pour Qualcomm et publiée en février dernier, l’entreprise américaine d’information économique IHS Markit dévoile des chiffres impressionnants. Elle évalue à 12,3 trillions de dollars l’apport de la 5G à l’économie mondiale en 2035, ce qui « équivaut presque à la consommation américaine en 2016 et plus que celle de la Chine, du Japon, de l’Allemagne et de la France réunis, l’an dernier ». Mais ce n’est pas tout, cette nouvelle technologie devrait générer 3 500 milliards de dollars de revenus et créer 22 millions de nouveaux emplois, soit environ l’équivalent de la population de Madagascar. Le pays qui en profiterait le plus serait la Chine avec pas moins de 984 milliards de dollars de revenus pour 9,5 millions d’emplois créés. Les États-Unis (719 millions de dollars de revenus et 3,4 millions d’emplois) et le Japon (492 millions de dollars de revenus et 2,1 millions d’emplois) la talonneraient.

En Europe, c’est l’Allemagne qui arrive en tête avec 202 millions de revenus et 1,2 millions nouveaux emplois. La France fait pâle figure à côté avec « seulement » 85 millions de dollars de revenus et 396 000 emplois créés. Déjà considéré à la traîne pour la 4G, le pays va devoir tout mettre en œuvre pour rattraper son retard dans la course à 5G. Laurent Fournier, DG de Qualcomm France, le confirme dans les Echos : « Il va falloir un vrai travail de fond de l’État et du régulateur pour que la France ne soit pas en retard pour le déploiement de la 5G. Les pouvoirs publics français ne sont pour l'heure pas très actifs par rapport à l'Allemagne ou même l'Italie. Les Italiens sont à fond sur la 5G, comme rarement on les a vus. » De son côté, Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne et responsable du marché unique, incite tous les secteurs à collaborer sur la 5G. Il s’est notamment exprimé sur le développement de la prochaine génération de réseau mobile à haut débit lors du congrès mondial de la téléphonie mobile en déclarant que « Lors du déploiement de la 4G, l’Europe a été lente à bouger. Il ne faudrait pas reproduire les mêmes erreurs. » Les pays européens ont donc bien une carte à jouer.

 

La difficile définition des standards

Il est facile d’évoquer les performances prévues pour la 5G par rapport à la génération précédente, mais encore faut-il en définir les standards. Et ce ne sera pas une mince affaire pour l’Europe qui compte plus d’une centaine d’opérateurs télécoms quand les États-Unis en dénombrent seulement quatre, et le Japon et la Chine trois chacun. Selon Andrus Ansip, « il est vital d’avoir une coordination du spectre [radioélectrique] à l’échelle de l’Union européenne » pour que la 5G devienne réalité.

La nouvelle génération de réseau cellulaire ne devrait arriver qu’en 2020, mais c’est maintenant que tout se joue. L’industrie des télécoms dans son ensemble est mise à contribution : des fabricants de microprocesseurs comme Qualcomm, aux équipementiers télécoms avec Nokia et Huawei, sans oublier les fabricants de smartphones et les opérateurs télécoms. Les normes de cette nouvelle technologie devraient être fixées fin 2019 mais un premier test grandeur nature est prévu lors des Jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud en 2018. Le calendrier s’accélère cependant sous l’impulsion des grands opérateurs télécoms qui aspirent chacun à être le premier à déployer la nouvelle génération d’Internet sans fil. Il ne serait donc pas impossible de voir débarquer la 5G sur le marché plus tôt que prévu.

Margaux Savarit-Cornali

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