Les fonds immobiliers européens ont augmenté de 32 % en 2014.
Nouveau record pour le marché de l’immobilier en Europe : le récent rapport de DTZ « Money into Property » enregistre, pour l’année 2014, une progression de 3 % de la valeur du patrimoine détenu par des investisseurs avec un total de 3 400 milliards d’euros. Cette conjoncture s’explique notamment par des faibles taux d’intérêt, le volume croissant de liquidités alloué par les institutionnels et la diversification des cibles avec un nouvel engouement pour l’immobilier d’entreprise. L’Europe est la grand gagnante : selon le même rapport, c’est le continent ayant accueilli le plus de fonds, avec une augmentation de 32 % par rapport à l’année précédente.


Un nouvel équilibre des investissements : place à l’equity
Néanmoins, des disparités sont observables : alors que l’Espagne subit une baisse de 8 % des investissements, la Turquie et la Finlande enregistrent respectivement des hausses de 30 % et 15 %. Pourquoi un tel contraste ? La dépendance à la dette, appréhendée de diverses manières selon les pays, est l’élément clé de cette hétérogénéité : certes « la croissance européenne a été obérée par le fardeau de la dette » précise Nigel Almond, directeur de la stratégie EMEA chez DTZ, mais la tendance de fond est dorénavant au désendettement, l’emprunt ne finançant plus que 53 % des investissements. Alors que certains pays ne parviennent pas à compenser cette baisse d’actifs, la majorité des pays européens accueillent de plus en plus de fonds propres (equity) pour équilibrer leur bilan. Faisant reculer la dette de 2 % en 2014, ils ont progressé de 6 %, atteignant un total de 1 600 milliards d’euros. La question est donc de savoir d’où viennent ces fonds : le rapport mentionne la place prééminente des fonds non cotés qui apportent d’abondantes liquidités.


Quel avenir pour le marché immobilier européen?
Bien que les nouvelles soient bonnes, la crainte d’une augmentation des taux d’intérêt, ce qui aurait un impact sur l’attractivité de l’immobilier au profit d’autres classes d’actifs, se fait tout de même sentir. Cette réallocation reste un risque potentiel sérieux. D’autres appréhensions demeurent, telles que le volume important des capitaux, l’excès de liquidité, la déflation, la dette et le ralentissement économique chinois, perçus comme « signes de surchauffe » du marché. Mais l’avenir reste tout de même prometteur : alors que la place prise par les fonds institutionnels éclaire sur la confiance accordée par les investisseurs, la diversification des cibles est signe d’étalement du risque d’insolvabilité, donc de prudence. Le marché européen a donc de beaux jours devant lui : un nouveau record en 2015 ?


S.C.

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