Infrastructures : stop aux grands projets

Le retour progressif à la croissance pose la question des besoins d'investissements dans les infrastructures en France, où les investissements semblent s'orienter vers le très haut débit et la modernisation des transports existants.

Le retour progressif à la croissance pose la question des besoins d'investissements dans les infrastructures en France, où les investissements semblent s'orienter vers le très haut débit et la modernisation des transports existants.

De 2 500 à 3 300 milliards de dollars chaque année jusqu'en 2030 : selon le McKinsey Global Institute, c'est le niveau auquel doivent être portées les dépenses dans les infrastructures dans le monde, « rien que pour soutenir les prévisions de croissance de long terme ». Pourtant, l'étude, réalisée à l'été 2016, note que les investissements en infrastructures de transport, énergie, eau et télécommunication ont globalement baissé dans onze des pays du G20 depuis la crise de 2008.

 

En France, priorité aux transports « quotidiens »

Moins de deux mois après son élection, le nouveau président de la République a très vite fixé sa ligne directrice du quinquennat concernant les transports hexagonaux. Le 1er juillet, alors que les inaugurations simultanées des deux nouvelles lignes grande vitesse Le Mans Rennes et Tours Bordeaux rapprochaient une nouvelle fois l'Atlantique de la capitale, Emmanuel Macron a brisé toute volonté de nouveau projet pharaonique, préférant ne pas se coller d'emblée une étiquette de président bâtisseur. En effet, jugeant que « le rêve des cinq prochaines années ne doit pas être un nouveau grand projet comme celui-là », le nouveau locataire de l'Elysée a affiché son nouveau « combat » pour les prochaines années : celui des transports « quotidiens ». Appelant à « marquer une pause » et à « réorienter nos priorités », il s'est ainsi engagé à « financer tous les renouvellements d'infrastructures, à les échelonner dans le temps, à le faire de manière organisée, orchestrée en donnant de la visibilité à tous les acteurs », s'inscrivant dans la lignée de la précédente majorité et de ses deux plans de relance autoroutier de 3,2 milliards et 800 millions d'euros, respectivement lancés en 2015 et 2017. Pas plus de détails pour le moment, les précisions étant attendues lors de la publication de la loi d'orientation des mobilités, espérée pour le premier semestre 2018. L'une des seules exceptions à ces orientations concerne le CDG Express, celui-ci n'ayant « pas vocation à fonctionner avec des ressources publiques » a rappelé la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

 

Cap sur le très haut débit

Les gros projets de transport n'étant plus forcément au goût du jour, c'est désormais les réseaux très haut débit qui ont la cote. Moins coûteux, représentant peu de difficultés techniques, et répondant à des besoins immédiats et identifiés, les projets de raccordement très haut débit se multiplient sur le territoire français, avec l'idée que c'est en comblant ces manques que l'on pourra réellement réduire la fracture territoriale. Pour encourager ce mouvement, l'État a lancé dès 2013 le plan très haut débit (THD), visant à couvrir l'intégralité du territoire d'ici 2022, une volonté réaffirmée par le nouveau Premier ministre, Édouard Philippe, lors de son discours de politique générale du 4 juillet 2017, alors que seule la moitié de la population était couverte par le très haut débit fin 2016. Représentant un investissement total de 20 milliards d'euros, répartis entre public et privé sur quatre-vingt-sept projets. L’essentiel, à savoir au moins 80 %, est censé être couvert en fibre optique, le reste devant s’appuyer sur d’autres technologies.

 

Boris Beltran

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