La présidente de la Ligue des droits de l'homme compte parmi les vingt Français sur lesquels nous avons choisi de parier avec optimisme et fierté en 2016…

Françoise Dumont n’entend pas rester silencieuse face à la politique sécuritaire « disproportionnée » menée depuis les attentats du 13 novembre. « Ligueuse »de la première heure, l’enseignante en lettres, est élue présidente de l’association à la fin du mois de mai 2015, succédant ainsi au journaliste et essayiste Pierre Tartakowsky. Une élection notable. Car si la Ligue, fondée en 1898, est la plus ancienne association de défense des droits de l’homme au monde, Françoise Dumont n’est que la deuxième femme à en prendre la tête. À 69 ans, la militante est consciente de la charge de sa nouvelle responsabilité et bien décidée à prendre pour « boussole » l’ensemble des valeurs inscrites dans la devise républicaine.

 

Décideurs. Comment comptez-vous êtes entendue dans les débats autour de la politique sécuritaire ?

Françoise Dumont. Nous allons réunir un front d’une cinquantaine d’associations comme la Quadrature du Net, le Groupe d’information et de soutien des immigrés, mais aussi plusieurs organisations syndicales, pour faire une analyse commune. C’est un travail ambitieux et difficile : nous devons réussir à trouver un message commun. L’objectif est de faire œuvre de pédagogie auprès du grand public et d’expliquer en quoi la solution n’est pas dans une politique ultrasécuritaire. La situation ne se résoudra pas sur le plan juridique, mais avec davantage de moyens humains et une coordination européenne efficace. Faire des discours n’est pas suffisant. Nous voulons que l’opinion prenne conscience des choses. La plupart des médias ne nous laissent pas le temps d’expliquer notre point de vue. Les citoyens doivent s’emparer de ces questions et réaliser l’impact d’une fuite en avant en matière de sécurité. Modifier la Constitution n’est pas sans conséquences, car elle joue aujourd’hui le rôle de pacte social. Chacun doit mesurer les enjeux d’une telle réforme.

 

Pourquoi on parie sur elle : elle pourrait peser dans les débats autour de la réforme constitutionnelle annoncée.

Taux de réussite : 70 %.

Sa réputation : une femme de lettres engagée, modeste mais déterminée.

 

Capucine Coquand

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