En décembre 2014, Althéa, cabinet de conseil leader du conseil RH et SIRH, ouvrait la practice finance. Florent Labey, son directeur, revient sur les principaux enjeux de ce métier en pleine expansion.

Althéa a souhaité dans le cadre de son plan stratégique Alt ’Up 2018, diversifier ses lignes d’activités et ainsi ouvert la practice finance. Son objectif ? Devenir un acteur de référence dans l’accompagnement des fonctions transverses de l’entreprise. 

 

Décideurs. Comment accompagnez-vous vos clients sur cette nouvelle activité ?

Florent Labey. Notre force est de pouvoir jouer sur la complémentarité entre les différentes fonctions au sein de l’entreprise : la création de valeur ne se limite pas à la direction financière. Toutes les décisions, que ce soit sur des thématiques de purchase to pay, d’order to cash ou de travel and expand, ont un impact fort sur d’autres pôles. Ces missions nécessitent donc un décloisonnement de l’organisation. Dans le cadre de nos missions de conseil, nous nous attachons à fournir à nos clients un plan stratégique, une étude de cadrage et un chemin de direction. Nous pouvons également intervenir plus en aval lors de la phase de conception et de refonte des processus et des organisations. Nous participons alors activement à la conduite du changement. Cette double casquette nous rend plus pertinent car nous avons à la fois une vision stratégique et la capacité à la décliner opérationnellement. Notre ambition est d’être en amont des tendances qui vont transformer les directions financières afin de pouvoir les proposer très tôt à nos clients. Pour cela, nous menons un travail de vieille actif pour, par exemple, identifier les start-up les plus prometteuses et leur apport de valeur.

 

Décideurs. Quelles sont les économies que vos clients peuvent espérer ?

F. L. Cela varie beaucoup en fonction de la mission. De plus, les gains ne se limitent pas au ROI. Cela peut porter par exemple sur une amélioration de l’organisation ou la capacité à mieux piloter sa performance. Il est donc difficile de donner des chiffres précis mais les économies à faire pour les directions financières peuvent être conséquentes. Mettre en place la facturation électronique peut ainsi réduire les coûts de traitement pour une facture de quinze euros jusqu’à cinq euros.

 

Décideurs. Quelles sont les nouvelles tendances sur vos interventions ?

F. L. De manière générale, notre objectif est d’améliorer le fonctionnement et l’organisation des entreprises pour lesquelles nous intervenons. Dans ce cadre, trois sujets se démarquent. Le premier est le reverse factoring. Cette solution, qui permet de financer les fournisseurs en leur offrant un paiement anticipé de leurs factures avec un taux de financement optimisé, est une pratique qui n’est pas encore très répandue mais qui connaît une très forte progression en raison des gains potentiels en jeu. La deuxième tendance est l’optimisation des centres de services partagés. Ces derniers étaient censés apporter beaucoup de gains mais les promesses n’ont pas été tenues car des coûts masqués sont apparus. Ce secteur reste donc un gisement d’optimisation. Le troisième sujet est le pilotage de la performance. Avec l’accélération des cycles économiques, la concurrence est de plus en plus forte. La capacité à pouvoir anticiper ses performances futures est donc cruciale car elle permet de donner plus de visibilité à l’entreprise. Désormais, nous sommes capables de proposer à nos clients des solutions de simulation en temps réel. Sur ce point, l’aspect conseil est très important car il faut être en mesure de se focaliser sur les bons indicateurs et savoir comment les interpréter de manière cohérente au sein de l’organisation.

 

Décideurs. La fraude au président a fait beaucoup parler. Le problème est-il résolu ?

F. L. Aujourd’hui, la majorité des entreprises ont mis en place des mesures pour répondre à cette menace. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les fraudes prennent des formes diverses et continuent de croître. Il est important d’avoir une approche globale : de la sélection du RIB fournisseur jusqu’au paiement final. Les entreprises doivent trouver un équilibre entre la sécurité, le coût et la rigidité que cela va apporter. Pour se protéger, elles peuvent mettre en place des tests de vraisemblance. Avant de faire un quelconque changement, il faut se demander si celui-ci fait sens. Par exemple, est-ce normal qu’un fournisseur français se fasse payer en Chine ? Si l’on a le moindre doute, il faut procéder à un contre-appel pour vérifier. Une autre technique est le doublement des postes à responsabilité. Très souvent, la fraude est rendue possible du fait qu’une seule personne est amenée à prendre la décision de paiement. En introduisant des doubles validations, on limite l’isolement de la personne et les éventuelles menaces qui peuvent peser sur elle.

 

 

Décideurs. Vous parliez tout à l’heure de décloisonnement des fonctions. Vous avez récemment ouvert une activité supply chain, comment travaillez-vous avec eux ?

F. L. L’essor de l’omnicanal modifie en profondeur la supply chain. Désormais, il est possible de commander sur Internet en utilisant si besoin le stock d’un magasin. Des évolutions qui ont un impact direct sur la direction financière puisque cela entraîne de nouveaux flux de marchandises devant être traduits en flux financiers. Cela implique de repenser l’organisation opérationnelle et comptable. Dans la mise en place de ces transformations, le digital joue bien sûr un rôle important. Nous pouvons également nous reposer sur notre équipe spécialisée qui dispose d’une expertise forte dans ces domaines. Althéa participera ainsi à la première édition du Digital Heroes Day qui aura lieu le 8 décembre prochain.

 

Propos recueillis par V. P.

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