Fabien Bardinet (Balyo) : « Nous quittons le monde des automates pour entrer dans celui des robots »

Grâce à une augmentation de son capital de 45,8 millions d’euros, le spécialiste de la robotisation des chariots de manutention fait une entrée en Bourse remarquée. Son fondateur, Fabien Bardinet, n’en est pas à son premier succès. Il était l’un des pères du fleuron français de la robotique, Aldebaran, depuis racheté par le japonais Softbank Robotics.

Grâce à une augmentation de son capital de 45,8 millions d’euros, le spécialiste de la robotisation des chariots de manutention fait une entrée en Bourse remarquée. Son fondateur, Fabien Bardinet, n’en est pas à son premier succès. Il était l’un des pères du fleuron français de la robotique, Aldebaran, depuis racheté par le japonais Softbank Robotics.

Décideurs. Balyo est souvent présenté comme un acteur majeur de la révolution logistique, quel est votre cœur d’activité et comment vous démarquez-vous de la concurrence ?

Fabien Bardinet. Nous robotisons des chariots standard de manutention, fabriqués par Fenwick. Contrairement à nos concurrents, nous quittons le monde des automates pour entrer dans celui des robots, capables d’interagir avec leur environnement et de le comprendre. Le système de navigation utilisé permet de faire fonctionner nos machines dans n’importe quel lieu. Cela ouvre un potentiel de marché colossal. Nous sommes les premiers à l’avoir fait, mais tous les acteurs vont inévitablement prendre cette direction. La clé est de faire des choses simples, qui fonctionnent dans des organisations déjà existantes.  

 

Balyo a levé 45,8 millions d'euros, un montant supérieur à ses attentes initiales. Comment expliquez-vous un tel succès ? Parmi les investisseurs, un profil type s’est-il dégagé en particulier ?

Lever des fonds n’est pas un « succès ». Nous pourrons parler de réussite lorsque l’entreprise aura délivré un chiffre d’affaires conforme aux attentes du marché. Nous avons été choisis sur les promesses que nous avons formulées, dont celle d’atteindre, à terme, un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros. Notre mouvement est en marche. Il faut maintenant le transformer en successful business. Il y a une prise de conscience de la mutation qu’est en train de vivre notre société et qui ne connaîtra pas de retour en arrière. Les attentes sont donc considérables. Nos investisseurs viennent d’un peu partout en Europe et sont pour la majorité institutionnels.

« Créer une société européenne aurait une valeur ajoutée inestimable »

Comment vont être utilisés les fonds levés ?

Nous allons continuer à développer nos produits en affectant 30 % de la somme à la R&D et souhaitons embaucher de nouveaux talents. Nous sommes dans une phase de réflexion sur la pertinence ou non d’un regroupement de sociétés existantes sur le marché pour les faire grandir collectivement plus vite. Créer une société européenne, au sein de laquelle travailleraient ensemble les leaders de plusieurs pays, aurait une valeur ajoutée inestimable. Une coopération renforcée entre l’Allemagne et la France serait particulièrement pertinente pour l’industrie européenne.

 

Souhaitez-vous étendre vos moyens de production à l’international ?

Nous avons déjà deux entités, l’une aux États-Unis, l’autre à Singapour, que nous souhaitons faire grandir. Mais notre priorité est d’être plus fort en Europe. Si nous réussissons à nous appuyer intelligemment sur nos différences, nos talents et nos différentes cultures, le monde industriel connaîtra un succès extraordinaire. Chercher et créer la complémentarité permet de décupler les énergies.

 

Comment définiriez-vous l’ADN de Balyo ?

Emmanuel Macron a fait une déclaration que j’ai trouvée très juste lors de l’inauguration de Station F, le nouvel incubateur de Xavier Niel : « Entreprendre, c’est avoir cet amour du risque, cette volonté d’inventer soi-même, de ne jamais subir, de choisir sa vie et son futur. » Chez Balyo, nous avons cette volonté sans limite d’écrire nous-mêmes notre avenir, avec l’idée que personne ne nous obligera. Nos investisseurs nous laissent écrire l’histoire comme on le souhaite.   

 

Propos recueillis par Marion Robert (@Marion_Rbrt)

Vous avez apprécié cet article ? Likez Magazine Décideurs sur Facebook !

Conférence des territoires : ce qu’il faut retenir

Conférence des territoires : ce qu’il faut retenir

Pacte gagnant-gagnant ou marché de dupes ? Si la première conférence des territoires organisée par l’exécutif a été appréciée dans sa méthode, les élu...

Les néo-banques révolutionnent le secteur

Les néo-banques révolutionnent le secteur

Selon une étude du cabinet de conseil McKinsey, la digitalisation du secteur bancaire représente un potentiel de mille milliards d’euros de création d...

Le chiffre du jour : 16,7 %

Le chiffre du jour : 16,7 %

C’est le taux de pauvreté en Grande-Bretagne en 2015, selon les dernières données du Bureau national des statistiques britannique. Un chiffre en baiss...

Le conseiller, clé de la confiance entre les TPE et les banques

Le conseiller, clé de la confiance entre les TPE et les banques

La Médiation du crédit, Deloitte et In Extenso ont publié le 5 juillet 2017 les résultats du premier baromètre de la confiance des dirigeants de TPE à...

Cinq promotions chez Baker McKenzie

Cinq promotions chez Baker McKenzie

Le bureau de Paris de Baker McKenzie coopte deux partners, Guillaume Nataf et Édouard de Rancher, nomme Régis Torlet au rang de senior counsel, Ludovi...

François Lecointre : le nouveau chef d’État-major qui fait l’unanimité

François Lecointre : le nouveau chef d’État-major qui fait l’unanimité

François Lecointre, militaire de renom et chef du cabinet militaire du premier ministre depuis 2011, succède au général de Villiers comme chef d’État-...

Nicolas Woussen (Showroomprivé) : « La direction financière est le business partner des opérationnels »

Nicolas Woussen (Showroomprivé) : « La direction financière est le business partner des opérationnel...

Directeur général finance du groupe de ventes flash en ligne Showroomprivé, Nicolas Woussen a sous son giron les fonctions finance classiques – compta...

Jean-Baptiste Wautier (BC Partners) : « Pronovias a contribué à la définition du luxe accessible »

Jean-Baptiste Wautier (BC Partners) : « Pronovias a contribué à la définition du luxe accessible »

Avec Pronovias, le leader mondial des robes de mariée, BC Partners réalise un joli coup sur le marché européen du private equity. Jean-Baptiste Wautie...

s'abonner

Nous ne commercialisons pas vos adresses mail à un tiers.
Nous conservons vos informations personnelles afin de vous adresser les contenus et services que vous avez demandé.
Vous pouvez vous désinscrire à tout moment, simplement et rapidement.

Ne plus afficher ce message