Damien Martin (Babilou) : « la chance n’existe pas, elle se provoque »

Damien Martin est arrivé chez Babilou en 2015 avec l’objectif d’accompagner la croissance internationale du groupe. Acquisitions, déploiement de nouveaux outils, (re)financement… les projets ne manquent pas et rythment ses journées. Rencontre.

Damien Martin est arrivé chez Babilou en 2015 avec l’objectif d’accompagner la croissance internationale du groupe. Acquisitions, déploiement de nouveaux outils, (re)financement… les projets ne manquent pas et rythment ses journées. Rencontre.

Entretien avec Damien Martin, Group CFO, Babilou

Décideurs. Vous avez quitté le secteur du tourisme en 2015 pour rejoindre Babilou. Comment s’adapte-t-on, en tant que DAF, à un tel changement d’univers ?
Damien Martin. Cela passe par beaucoup d’écoute afin de s’intégrer et de comprendre ce secteur d’activité qui comporte une dimension sociale forte, avec des drivers financiers très différents. Pendant les six premiers mois, j’ai rencontré l’ensemble des équipes pour connaître leurs fonctions, leur perception de la fonction finance et savoir ce qu’ils en attendaient par rapport au groupe aujourd’hui et demain. Je leur ai demandé de quels outils ils souhaiteraient disposer, leurs points forts, ceux à améliorer… J’ai voulu adopter une attitude très proactive tout en apportant mon savoir-faire et mon expérience. Babilou est une entreprise qui bouge beaucoup : elle est en évolution permanente, cultive réellement des valeurs et un esprit d’équipe, et dispose de collaborateurs très motivés. Tout cela facilite l’intégration. 

Comment décririez-vous votre quotidien ?
Mon quotidien, c’est d’être multitâches. Je peux passer d’une discussion avec nos banquiers à un projet d’acquisition, puis échanger sur la stratégie de Babilou avec notre président – Rodolphe Carle – ou bien « discuter technique » avec un comptable. Je dois être en capacité de parler de tous les sujets et réussir à faire collaborer les équipes ensemble. Sans ses équipes, un directeur financier n’est rien. Je veille à les aider autant que possible, impulser le tempo, donner des orientations, diffuser l’information… 

Quelles sont vos techniques d’animation de la fonction ?
Je ne privilégie pas l’animation par les réunions. Les réunions de plus de trente minutes deviennent trop longues. Ce qui ne m’empêche pas de réunir les collaborateurs ensemble. J’organise des points informels avec mes managers et le middle management autour d’un petit-déjeuner une fois par mois. Les sujets sont libres. De même, j’aménage des points avec mes N-1 toutes les deux semaines : c’est l’occasion d’y aborder les problématiques que nous n’avons pas eu le temps de voir dans le « quotidien ». En résumé, je dirai que je fais beaucoup confiance à mes équipes. Aussi, j’attends d’elles qu’elles soient autonomes et prennent des responsabilités. 

À votre arrivée, vous avez entamé un processus de transformation des outils informatiques de la fonction finance. Pouvez-vous nous en décrire les enjeux et les grandes étapes de ce chantier ?
Babilou est un groupe en forte croissance. En 2015, des outils manquaient, d’autres s’avéraient mal adaptées à nos besoins et certains n’étaient pas connectés aux ERP métiers. Il fallait donc en déployer de nouveaux afin de moderniser les processus, fiabiliser et sécuriser les flux, et automatiser le plus possible. Tout cela, à l’échelle du groupe, dans un contexte où, dans nos métiers, nous avons besoin d’une comptabilité analytique précise au niveau de la crèche. Nous avons donc commencé par automatiser le reporting opérationnel vers notre outil de construction budgétaire et de reporting financier. Puis, nous avons changé le système de gestion des factures fournisseurs et devrions finir de mettre en place, cette année, un process d’engagement des dépenses dématérialisé. Dans nos filiales étrangères, nous avons lancé le déploiement d’un nouvel ERP comptable commun. L’objectif est de le faire aussi en France en 2018. Tout cela permet une montée en compétence de nos équipes et de fournir en temps réel un certain nombre d’informations utiles au pilotage de l’entreprise au global et de chaque crèche au local. Nos outils de scorecard nous permettent d’avoir des remontées d’informations en temps réel, mais aussi d’anticiper l’occupation de nos crèches. Pendant les vacances, on peut ainsi prévoir les ressources à affecter à chaque établissement. 

Quelles sont les prochaines grandes étapes pour Babilou ?
Nous avons de nombreux projets d’ouvertures et d’acquisitions de crèches. L’objectif, c’est donc de continuer de grandir et de générer, en 2020, 50 % de l’activité hors de France. 

Pour finir, est-ce que vous avez une maxime, une citation que vous utilisez et/ou appliquez dans votre quotidien professionnel ?
« La chance n’existe pas, elle se provoque. » En effet, les opportunités se créent, elles n’arrivent pas toutes seules. Au début des années 2000, nos fondateurs ont eu les bonnes idées de développement et c’est grâce à cela que Babilou connaît le succès aujourd’hui.

Propos recueillis par Mathieu Marcinkiewicz

Biographie
Issu d’une double formation d’ingénieur Arts et Métiers suivi d’un mastère à l’ESSEC, Damien Martin a débuté sa carrière chez KPMG. Il audité de grands groupes industriels tels que Siemens, Eurotunnel et Philipps. Il a ensuite évolué vers le département transaction services de KPMG où il a pu accompagner de nombreuses acquisitions. En 2011, il rejoint un projet de regroupement de 3 sociétés dans l’univers du voyage en ligne (Go Voyages, Opodo et eDreams), devenues Odigeo. Damien Martin participe à cette fusion, notamment en créant et en structurant une fonction finance commune. En 2015, il rejoint Babilou pour accompagner la croissance du groupe, notamment à l’international.

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