Cyril Pierre-de-Geyer (HEC) «Nous voulions dépasser les barrières des "castes"»

Pousser les étudiants à oser. Voilà l’ambition de Cyril Pierre de Geyer lorsqu’il construit avec Julien Lévy, auteur du Mercator, la Sales Academy de HEC. Entre open innovation et éducation numérique, 
le directeur décrypte les intérêts du modèle.

Pousser les étudiants à oser. Voilà l’ambition de Cyril Pierre de Geyer lorsqu’il construit avec Julien Lévy, auteur du Mercator, la Sales Academy de HEC. Entre open innovation et éducation numérique, le directeur décrypte les intérêts du modèle.

Décideurs. D’où vient l’idée de Sales Academy??

Cyril Pierre de Geyer. C’est en 2012 que, sous l’impulsion de notre directeur délégué, Eloic Peyrache, nous avons commencé à travailler sur le projet avec un objectif?: mettre nos étudiants en situation réelle, professionnelle, dans un monde numérique. L’e-commerce est au carrefour du digital, de la stratégie, de la technique et du graphisme. C’est donc naturellement que nous avons créé l’académie e-commerce en y associant des écoles partenaires. Nous voulions casser les barrières des « castes » et permettre à nos étudiants de travailler avec des profils techniques et artistiques. L’idée est de les préparer au nouveau monde qui se dessine en les formant à devenir «?trilingue?» pour être capable de parler business, technique et design.

 

Décideurs. Comment les entreprises partenaires sont-elles impliquées??

C.?P. de. G. Généralement, nos partenaires viennent au début, au milieu et à la fin. Ces trois étapes sont autant de sources d’étonnement?: les étudiants prennent le sujet à bras-le-corps et proposent des idées qui bouillonnent d’innovations. Pour ces entreprises, le programme est à la fois une source d’inspiration et un levier mobilisateur de talents. Les collaborateurs qui participent au jury final sont enthousiasmés par l’énergie positive qui se dégage des groupes. Les projets ne sont jamais repris tels quels, mais les entreprises viennent y puiser des idées neuves qu’elles incluent dans les évolutions de leurs produits. Altares s’est notamment inspiré de plusieurs idées pensées par les groupes. C’est l’occasion de nouer des contacts privilégiés et d’initier un recrutement en connaissance de cause.

 

Décideurs. Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les étudiants??

C.?P. de G. La première difficulté est de mettre de côté les préjugés. L’informaticien ne fait pas que coder, le graphiste ne fait pas que dessiner. Les étudiants apprennent à exploiter chaque richesse dans la complémentarité de leurs profils. La seconde consiste à aligner sa façon de communiquer, se mettre au diapason pour mieux se comprendre.

 

Décideurs. Le programme a-t-il suscité des vocations d’entrepreneurs??

C.?P. de. G. Chaque année, des envies naissent. Pour cette édition, le groupe vainqueur de Doria envisage de creuser le sujet et d’essayer de le faire vivre réellement. Sur les académies précédentes, des vocations ont émergé à la suite du programme. Par exemple Claire, qui a choisi de lancer sa marque de sac pour femme «?Louise & Gab?». Elle a passé son année de césure à préparer son produit en visitant des tanneries en Tunisie, en comparant les matières jusqu’à créer une première gamme. Les compétences techniques qu’elle a acquises à HEC lui ont permis de mettre en place un site e-commerce en quasi-autonomie.

 

Décideurs. Le format pourrait être dupliqué au sein des universités??

C.?P. de. G. Cela permettrait de mieux préparer les étudiants à la vie professionnelle. Mais les difficultés restent nombreuses. Ce type d’académie implique d’intégrer plusieurs écoles et donc plusieurs directions, qui ont chacune des objectifs pédagogiques et des programmes mis en place parfois plusieurs années en avance. Nous avons par exemple essayé d’intégrer l’école Gobelins mais, faute de créneau dans un programme déjà tracé, cela n’a jamais été possible. La duplication nécessiterait une mobilisation forte de plusieurs écoles, une envie des équipes pédagogique et une implication du milieu professionnel. Cette année, pour la première fois, UPS, l’Université Paris-Saclay, a envoyé des étudiants d’écoles différentes pour intégrer notre cursus. Comme quoi les choses bougent doucement mais sûrement.

 

Propos recueillis par Alexandra Cauchard 

 

Retrouvez l'article Quand HEC casse les codes 

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