Antoine Hubert (Ynsect) : « Nous avons un plan de développement très ambitieux, tant en matière de process industriel que de calendrier d’exécution »

Leader de l'élevage d'insectes à destination de l’alimentation animale, la start-up vient de lever 14,2 M€. Retour avec Antoine Hubert, son président, sur les projets de la pépite française.
Antoine Hubert, président d'Ynsect

Leader de l'élevage d'insectes à destination de l’alimentation animale, la start-up vient de lever 14,2 M€. Retour avec Antoine Hubert, son président, sur les projets de la pépite française.

Décideurs. Vous venez de lever 14,2 M€. Que va vous permettre ce financement ?

 

Antoine Hubert. Nous allons augmenter la capacité de production d’Ynsite, notre unité de démonstration qui nous permet de prouver que notre technologie est reproductible à grande échelle. Nous allons également démarrer le travail d’ingénierie pour construire notre première unité de production com­merciale qui devrait voir le jour en 2019. L’objectif est de produire au moins 20 000 tonnes de protéines d’insectes par an.

 

Quel marché visez-vous principalement ?

 

L’aquaculture ! Ce marché représente une consommation annuelle mondiale de 3,2 millions de tonnes de farines de poisson et 0,8 million de tonnes d’huiles de pois­son. Or, plusieurs études montrent que ces farines peuvent être remplacées par des protéines d’insectes dans la fabrication d’aliments destinés à l’aquaculture, en particulier la protéine que nous produisons à partir de ver de farine (TMP). Notre second marché, sur lequel nous avons déjà livré nos premiers clients, est celui des aliments haut de gamme pour ani­maux domestiques qui représente 2,5 millions de tonnes par an.

Nous travaillons sur une extension de notre gamme de produits 

 

Vous visez le million de tonnes produites par an d’ici à 2030. Quelles sont les prochaines étapes de votre croissance pour y parvenir ?

 

Nous souhaitons nous implanter à l’étranger, notamment dans les pays leaders du marché de l’aquaculture et du pet food, puis ultérieurement dans ceux du porc et de la volaille. Nous avons un plan de développement très ambitieux, tant en matière de process industriel que de calendrier d’exécution. C’est grâce au soutien de nos actionnaires et de nouveaux investisseurs dans le futur que nous mènerons à bien ce projet.

 

Peut-on concevoir d’autres utilisations à l’élevage d’insectes ?

 

Nous misons sur notre démarche pionnière en R&D. Nous travaillons sur une extension de notre gamme de produits (nos deux produits phares étant les protéines et l’huile d’insectes) en exploitant par exemple l’exosquelette de l’insecte, riche en chitine, qui peut trouver de nombreuses applications en chimie verte, ou encore les déjections d’insectes qui sont d’excellents fertilisants agricoles.

 

Propos recueillis par Sybille Vié